• Chapitre I: Partie 1

     

     Si vous n'avez pas lu le début de cette fiction (l'Héritier des Dieux), ne lisez pas cet article. Le début de la fiction est ici.

     

       D'un pas lourd, Nanor alla se présenter devant ses hommes. Ils étaient là, avec le temps leur nombre avait atteint celui d'une vaste brigade. Mais même avec ce nombre ils ne vaincront pas des millions.

    - Vous le savez, je ne suis pas homme de discours, commença le dirigeant de la Résistance, mon éloquence n'égale pas ceux qui sont à nos portes. Je n'utilise pas de paroles d'or pour rallier les gens à ma cause. Je me bats pour une cause que je crois noble, et vous l'avez suivie parce que vous la trouvez noble. Tout simplement.

    Il marqua une pause, fit quelque pas sur son estrade improvisée et reprit :

    - Je vous connais tous. Je pourrais dire que les lâches peuvent fuir, mais je sais qu’il n’y a même pas une once de lâcheté dans votre cœur. Vous êtes plus méritants que n'importe quels nobles ou riches, si la terre des Dieux existe, vous y irez tous. Les Hommes du nors s’acharneront pourtant. Ils diront que notre cause n'est pas noble. Mais leurs actes sont tellement abjects. Comment ne pas être révolté ? Comment ne pas se révolter ?!

     

    Une rumeur parcouru les Résistants. Une rumeur légère parcourus de cris et de murmures d’approbation. Sa voix se fit plus grave quand il continua :

    - Le soleil va bientôt disparaître. Nous allons bientôt combattre. Nous n'avons plus le temps de douter de la légitimité de nos actes. Il nous faut croire comme nous le faisons depuis toujours. Il nous faut espérer que notre bataille ne sera pas vaine. Il nous faut penser que si nous échouons, d'autres reprendront le flambeau. Il nous faut nous battre pour notre famille, pour notre peuple, pour ceux qui ne doutent pas, pour nos idéaux...

     Il s’arrêta pour reprendre son souffle et pour regarder les visages de ses compagnons. Leurs émotions peintes sur leurs visages. Voir ceux qui doutaient et ceux qui croyaient.

    - Dem'breck signifie la cité du peuple dans la Première Langue. Puisse-t-elle rester un symbole. Un endroit où les gens refuseront de se plier aux ordres vides d'un homme tyrannique. Il y a plusieurs siècles l’Ordre des Fantômes se battaient pour le bien du peuple. Aujourd’hui la Résistance se bat ! Elle se bat pour un peuple libre ! Alors battez-vous et écrasez ces Hommes du Nord qui prétende être des soldats ! Gagnez cette guerre mes amis ! Pour la Résistance !

    Nanor ne pût retenir un sourire de fierté en voyant tous ses hommes reprendre en chœur sa dernière phrase. Sa voix s’éraillait légèrement mais cela ne faisait rien.  Il saignerait sûrement dans les heures qui suivaient alors il se préoccupait bien peu de sa voix. Il descendit de l’estrade de pierre. En bas des marches son père le regardait le regard voilé :

    - Tu sais ce que je vais te demander, commença Nanor les yeux brillants comme ceux de son père.
    - De rejoindre ta femme et ton fils ?
    - Oui, ils ont besoin de quelqu'un pour eux. Moi, tu le sais bien, je vais droit à ma perte.
    - Il est là le problème ! Pourquoi tu ne fuis pas ?! Pourquoi...
    - Calme-toi, s'il te plaît...
    - Tu as raison. C'est peut-être la dernière fois que je te vois. Je veillerai sur eux.
    - N’oublie pas de veiller sur toi.

    Nanor tenta un sourire mais il sonnait faux. Son père l'étreignit de ses bras larges.

    - Ne meurt pas aujourd’hui.

    Il lâcha son emprise. Regarda son fils de ses yeux autrefois fiers et respectés, maintenant une larme était logée dans le coin de sa paupière. Son visage renforcé par les ans, s’affaissait dans une moue triste. Nanor sentit son cœur se serrer. Son père l'avait vu grandir, il avait vu son fils atteindre ses vingt printemps. Maintenant il le voyait partir.

    - Va voir Delia.

    Si son père lui demandait ça, c’est qu’il ne voulait pas faire tomber plus de larme devant son fils. Ni devant personne d’autre.

    - Adieu père...

    Il se détourna en s’efforçant de ne pas pleurer. Chaque pas lui arrachait une partie de sa vie, de son passé... Il s'éloigna le cœur lourd, l'âme en peine, le regard éteint.

       Il marcha parmi ses hommes, observa leur regard, leur façon de se préparer au combat et comment ils disaient « Adieu » à leurs familles. Nanor aussi avait cette enclume dans son cœur, mais il faisait tout pour ne pas le paraître. S’ils avaient tous peur, un visage calme leur donnerait peut-être une nouvelle vigueur. Peut-être… Certes tous n'avaient pas la mine grave, mais ils n'étaient pas heureux. Comment l'être avant qu'on ne prenne la vie et qu'on prenne la nôtre. Il sentit une main se poser sur son épaule. C'était un de ses plus jeunes hommes :

    - Est-ce que on va s'en sortir ? 

    Nanor eu un sourire triste.

    - Honnêtement ?
    - Je n'en sais rien, Erick. Pas tous, tu le sais ça ?

    Nanor tenta de se montrer rassurant et lui posa la main sur l'épaule.

    - Oui je le sais. Mais est-ce que j'en ferai partie ?
    - J’en suis persuadé, les plus vieux feront en sortes que tu restes en vie. Crois-moi, je suis bien placé pour le savoir. Quand j'ai commencé la Résistance j'avais vingt-et-un ans. Seulement cinq ans de plus que toi. Et ce n'est pas l'âge que prendront en compte tes ennemis mais ta férocité. Et tu es meilleur au combat que la plupart de mes hommes.

    Erick souriait légèrement en regardant Nanor.

    - Je ne veux pas qu'ils meurent à ma place.
    - Alors tu te battras et tu vaincras. En voyant ton âge ils te croiront faible, mais ils se tromperont.
    - Comment tu peux en être sûr ?

       Le chef de la Résistance lâcha l'épaule d'Erick, et sortit une dague de sa ceinture. Nanor la lui tendit en la tenant par la lame.

    - Parce que je te fais confiance. Prends-la. Tu me la rendras que tu en sortiras vivant.

       Erick prit la lame et la regarda attentivement.

    - Sois brave.

    Nanor regarda Erick quelques instants avant de se retourner. En marchant il baissa la tête respectueusement devant un groupe de ses hommes. Il leur adressa quelques mots d'encouragement avant de continuer sa route. Chacun de ses hommes vivait son angoisse à sa manière. Certains aiguisaient leurs lames impatiemment, d'autres pariaient et chantaient en tentant d'oublier la bataille qui se profilait. Mais tous au fond d'eux redoutaient l'écoulement du temps, qui les menait au combat. En voyant les amants qui se quittaient dans les larmes, Nanor était envieux, il aurait voulu pouvoir faire de même. Mais il n'avait pas le droit. Il devait refouler ses larmes encore et encore.

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  • Commentaires

    1
    Samedi 25 Mars à 15:27

    Toujours aussi cool même si un peu court^^

    Il y a juste une seule incohérence qui m'a fait rire:

    "-Est-ce qu'on va s'en sortir?

    -Honnêtement? Je n'en sais rien, Erick. Pas tous, tu le sais ça?

    -Oui, je sais. Mais est-ce que j'en ferais partie?

    -Je ne pense pas, les plus vieux feront en sorte que tu restes en vie."

    Sinon continue comme ça tout ce que tu fais est génial ;-)

    Des bisoux

    2
    Samedi 25 Mars à 19:17

    Déjà merci pour tes commentaires, toujours aussi constructifs, je me répète mais les critiques sont toujours utiles.

    C'est vrai que c'est un peu court, mais si je fais plus long c'est assez compliqué d'en poster un par mois. Mais pour l'instant j'arrive à écrire plus alors pourquoi pas des chapitres plus longs.

    C'est vrai que maintenant que tu le dis je me sens un peu stupide. Mes relectures ne sont pas vraiment attentifs. Je vais modifier ça.

    Content que ça te plaise^^

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