• Poèmes

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    Lune,

    Tu m'as dit d'une voix rose comme l'Amour

    À travers tes cheveux pales comme le jour

    Tu m'as dit comment le monde était magnifique

    Que l'ébène et l'azur étaient des beautés antiques

    Tu m'as dit que la Terre était peuplée d'étoiles

    Qu'elle était parsemée d'aurores boréales

    Tu m'as dit que j'étais une constellation

    Que mes yeux brillaient plus qu'Andromède et Orion

    Qu'ils brillaient tellement quand je te regardais

    Que tu voulais voir brûler ces feux à jamais

    Me voir aimer ce que je vois, ce que j'ai vu

    Comme j'ai pu t'aimer, comme je l'ai voulu

    J'ai appris à t'aimer dans le froid de la nuit

    Et même si on ne s'aime plus aujourd'hui

    Je sais encore comment c'était somptueux

    Car je me souviens de ton sourire brumeux

    De tes cheveux encore plus blancs que ta peau

    Toutes ces choses qui m'ont fait perdre mes mots

    Maintenant j'ai trop de mots, pas assez de feuilles

    Trop d'écueils sans naufrage, trop d'oublis sans deuil

    Lune,

    J'ai fait ce que tes lèvres cristallines ont dit

    J'ai fait ce que tes yeux bleus aciers m'ont souri

    J'ai aimé le monde comme j'ai pu t'aimer

    Parce qu'il restait quelque chose de brisé

    Parce que je t'aimais encore je suppose

    Peu importe j'ai toujours les mêmes ecchymoses

    J'ai préféré oublier qui j'étais moi-même

    Maintenant le reflet du miroir est bien blême

    À quoi bon que je sois une constellation

    Si je ne me trouve que l'éclat des lampions

    Alors j'ai imaginé ta voix me le dire

    J'ai imaginé la courbe de ton sourire

    Tu disais de m'aimer comme tu m'as aimée

    Et j'ai gravé ces mots sur mon cœur épuisé

    Je tiendrai parole, ne te décevrai pas

    En souvenir de ce qu'on était toi et moi

     


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    La vie est aride, l'attente est insipide.
    L'horizon persiste désespérément vide.
    Le vent n'emporte plus la rouille sur les rails.
    Ce sursis est une constante funéraille.

    Ne vous inquiétez pas mon bonheur est sous-vide.
    Peut-être est-il devenu pâle et livide,
    Mais il est toujours là, près de moi, quelque part.
    Et j'irai le chercher avant qu'il soit trop tard.

    Mais vous savez le temps n'est pas analgésique.
    Il peut l'être seulement en quelques suppliques,
    En quelques désirs qui ne m'appartiennent plus.
    Car tout un fragment de moi m'a été déchu.

    Puisque le train que j'attends n'arrivera pas,
    Puisque ce train s'est éteint avec mes éclats.
    Car mes restes de pureté sont blancs cassé.
    Car finalement je le suis, je suis brisé.

    Vous savez où je serais allé avec ce train?
    Je serais allé au bout d'une route sans fin.
    J'aurais trouvé le but d'un cœur sans horizon.
    J'aurais pu blanchir une âme sans rédemption.

    Mais j'attends toujours depuis des siècles peut-être.
    Jusqu'à oublier ce qui fait seulement paraître.
    Jusqu'à me nourrir d'illusion, de réalité.
    Jusqu'à aimer la tristesse à m'en aveugler.

    Le béton est glacé, le vent est acéré.
    Les débarcadères sont toujours désertés,
    Et le tableau des horaires indique zéro.
    Dans ma solitude j'épuise tous mes mots.

    Je crois que la brume est une sorte de linceul.
    Mais dans ce cimetière je ne suis pas seul,
    Il y a eu des passants, des Rimbaud, des Beckett.
    À moins qu'ils n'étaient que des ombres dans ma tête

    La valise en cuir ciré au creux de ma main,
    La montre déréglée qui indique demain,
    Viennent tous deux d'un autre âge un peu plus vivant.
    Un peu comme mon corps, débris d'un autre temps.

    Fragment d'antan, à l'époque où ce train venait.
    Éclat d'outre-passé, quand j'étais animé.
    Un temps où nous étions Invincibles,
    Dans un espoir mortel, qui était bien fébrile.

    Mais si j'ai pu vivre plus que n'importe qui,
    Ça vaut le coup si je ne vis plus aujourd'hui ?
    C'est une histoire de choix et de pesée,
    Une question de dissection de cœur lassé.

    Avant qu'on s'enterre et avant que l'on s'enlise.
    Comme un pari sur lequel personne ne mise.
    Car à ce jeu on risque notre droit de vivre,
    Et que ce soit de joie, de larme, on finit ivre.

    La nuit est trop froide, la vie un peu trop fade.
    Le dos droit, le regard haut sont une façade.
    Car si mes yeux sont hauts, ils sont fuyants et tristes.
    Puisque l'attente est insipide et qu'elle persiste.

     

    Sur les quais de mon cœur

    Photographie devant la gare de Canfranc en Espagne

     


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    Tu es à des milliers de lieux d’ici

    Pourtant sans peur, sans gêne tu te ris

    Des pleurs que peut faire tomber le ciel

    Puisque leurs traces ne sont éternelles

    Elles ne gravent pas de mémorial

    Avec ton nom en lettres capitales

     

    Et que t’importe que les rives tremblent

    Si le monde sait à quoi tu ressembles

    Alors que les continents dérivent

    SI tu peux briser quelques incisives

    À coup de sourires esquissés

    Pour que tu puisses un jour les aimer

     

    Tu es la fille au bout du trottoir

    La même à la croisée des hasards

    Celle au cœur d’une foule ignorée

    Et dans un détour trop espéré

    Bourreau des cœurs aimants quelques jours

    Médecin des âmes sans amour

     

    Dans une soif de vie destructrice

    Quelque chose entre vertu et vice

    Qui te pousse à vivre en virtuose

    À voir en chaque instant une overdose

    Car si la vie ne te sourit plus

    Tu iras lui arracher ton dû

     

    Alors qui t’aime te suive en somme

    Toi, pour l’instant tu ne suis personne

    Mais ce jour-là tu courras si loin

    Sur des routes sans début, ni fin

    Consumant de ce qui te consumes

    Le terre, le ciel et leurs écumes


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    Ciel bleuté, je veux juste arrêter de souffrir

    Qu'on puisse encore quelques fois me voir sourire

    Que je puisse arracher ce masque de malheur

    Qu'ils puissent me voir sans artifice, ni leurres

     

    Ciel sans étoiles, s'il te plaît, brille à nouveau

    Je veux juste une ultime fois te trouver beau

    Je veux juste croire que ta grâce persiste

    Voir en toi autre chose qu'un gris terne et triste

     

    Ciel doré, si mon âme vient te voir un jour

    C'est que ton seigneur a joué à être sourd

    Je veux juste qu'il m'épargne une seule fois

    Avant que ce carnaval soit fini pour moi

     

    Ciel gris, est-ce vraiment des larmes dans ton ombre ?

    Je veux juste comprendre avant que tout ne sombre

    Pour empêcher la chute il doit être trop tard

    Alors laisse-moi croire en quelques espoirs

     

    Ciel disparate, j'ai oublié jusqu'à ton nom

    Pourtant je ne l'oublie jamais, elle, au fond

    Je veux juste épuiser mon cœur et tous mes mots

    Je veux juste vivre. Est-ce demander trop ?


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    C’est un vent libre qui vient caresser ta peau

    Il a effleuré des joies et bien quelques maux

    Il a été le témoin de milliers de sorts

    Songe à ses ailes effaçant le goût de la Mort

    Dans un désert oublié, entre deux ombres éteintes

    Et voit son vol porter quelques folles complaintes

    Aux oreilles d'un être au moins aussi fou

    Sent le vent sécher tes larmes sur d'autres joues

    Face à la mer, une odeur salée dans le vent

    Avec elle quelques grains de sables d'Orient

    Il était là quand il n'y avait ni jour, ni nuit

    Et en lui, aucune ride ne le ternit

    Il préfère bien plus les tracer dans ta peau

    Puisqu'un beau matin il emportera tes os

    Peut-être est-ce seulement par pur cruauté

    Mais regarde voler les feuilles mordorées

    Voit cet horizon de barbelés et de grillages

    Il s'incline devant une brise sans âge

    Car depuis toujours le vent est d'un cœur changeant

    Détestable comme il peut être doux amant

    Empli de tendresse et pourtant pétri de haine

    Qu'il brise l'océan, qu'il ravage quelques plaines

    Ou qu'il fasse naître la blancheur d'une rose

    Persiste sans remède les mêmes ecchymoses

    Teintés par le sang bleuté des cœurs bohémiens

    Et sur la peau violacée d'un être humain

    Car lui n'a pas besoin de Mistral et de sel

    Pour que ses plaies béantes jamais ne se scellent


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    En hommage aux victimes d’Irma,

     

    Vent force 300 dans le ciel et dans mon cœur

    L'azur n'est plus que lambeaux à l'éclat menteur

    Le ciel éventrée de frictions en déraisons

    Des milliers de gravats étayant l'horizon

    La houle et les vagues éparpillées dans le vent

    Mon âme est cette morne falaise sombrant

    Celui qui pleure pour ceux que le vent emporte

    Ceux qui partent laissant une étoile morte

    Peu m'importe sous quelles drapeaux vous gisez

    Une soie de trois couleurs ou bien des milliers

    Je ne connaissais pas ces défuntes lumières

    Aujourd'hui je leur apporte mes pleurs et mes prières

    Car cet horizon des cendres des vies brisées

    Est celui qui règne en mon être saccagé

    Mes yeux et mon corps saignent devant toi, Irma

    Je meurs sans cesse sous tes sourires narquois

    Le flot de tes mots me frappe de plein fouet

    Mes rivages ne sont plus que récifs défaits

    Alors va te perdre ailleurs et laisse-moi vivre

    Si seulement je pourrais survivre et revivre

    Je suis déjà assez brisé, tu peux partir

    D'autre après toi viendront sans doute me détruire

    Car j'ai bien trop aimé l'océan et le vent

    Mais Éole ne m'aime, pas même mourant


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    J'attends dans la rosée du matin
    J'attends dans la brise du soir
    Les feuilles ont pris leur couleur carmin
    Les fleurs sont devenues noires

    Empreins de cette morne lassitude
    J'attends de voir la neige blanchir les champs
    Ou de voir le soleil éclairé toujours aussi prude
    D'admirer le monde l’œil incandescent

    J'attends épris de contemplation
    Avec le vent partent mes noires idées
    Avec la nuit disparaissent mes passions
    Je ne sais plus de quel bois je suis fais

    Je ne sais pas ce que j'attends avec tant d'espoir
    Mais je suis là et j'attends tout de même
    J'attendrai de voir l'Homme accomplir ses déboires
    Et de voir s'éterniser le système


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    La vitre se parsème de gouttes

    Quelques flaques éparses sur la route

    Et derrière les traits chaotiques

    Tracés par la fine pluie, s’applique

    Un reflet un peu flou, presque estompé

    Le ciel et les forêts embrumés

    Le monde s’assombrit d’un noir mat

    Le bitume devenant noirâtre

    Sous seulement quelques gouttes d’eau

    Si haute par-delà les oiseaux

    Corps célestes peut-être déchus

    Tombant sur ces toits un peu perdus

    Et moi, qu’une ombre filant entre elles

    Inscrit quelque part dans ma prunelle

    Cette route noire et ce ciel gris

    Ces nuances de monotonie

    Appartenant à un faux automne

    Dans un trop fidèle monochrome

    Brisé par des reflets lancinants

    Les feux et les néons dans le vent

    Ce même vent qui effacera

    Ce paysage sans un éclat

    Brillant pourtant d’une beauté sobre

    Comme si Septembre était Octobre

    Qu’importe la beauté n’a pas d’heure

    Ni de lieu qui lui serait meilleur

     

    Note : J’ai écrit ce poème en regardant par la vitre alors que j’étais en bus. J’ai toujours trouvé à la pluie quelque chose de beau, une beauté qu’on ne trouvait pas ailleurs. Dans ce poème j’ai voulu montrer que chaque chose à une part de beauté et qu’il faut juste savoir la regarder du bon angle.


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    Ci-dessous la liste de chacun des poèmes par ordre alphabétique (cette liste sera mise à jour à chaque poème publié) :

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    Cette nuit je m’en vais rêver
    Vers d’autres horizons brisés
    Là où les arcs-en-ciel se terrent
    Le ciel épousera la terre
    Tous ces rêves je les perdrai
    Dans une brume immaculée
    Mais si ce soir je peux les vivre
    Peu m’importe ce qui va suivre

    Car ce soir je m’en vais rêver
    Fuir les démons de mon passé
    Courir pour mes désillusions
    En trainant des jambes de plombs
    Le sommeil rabattra son voile
    Sur cet autre rêve létal
    Et encore j’oublierai tout
    Un frisson resté dans mon cou


    La nuit tombée j’irai rêver
    J’irai aimer la voie lactée
    Et quelque reflet dans l’acide
    Sans jamais devenir lucide
    Je suivrai chacun de mes rêves
    Je m’imprégnerai de leurs sèves
    J’irai au gré de mes pensées
    Jusqu’au matin trop embrumé

     

    Note : Une amie m’a proposé ce thème « faire un poème sur les rêves « . Au début je n’avais pas vraiment d’idée, mais dès le lendemain j’ai essayé de commencer le poème et je l’ai fini dans la matinée. Dans la dernière strophe le vers « Sans jamais devenir lucide » fait référence à un type de rêve : les rêves lucides. En bref c’est un rêve où on comprend qu’on est en train de dormir, grâce à cela on peut contrôler le rêve. Ce serait trop long pour tout dire alors je vous invite à vous renseigner sur le sujet, je le trouve très intéressant.

     


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