• Poèmes



  • Ça ce finit ici dans la terre meuble

    Alors ça ce finit sous le ciel aveugle

    Et putain qu'est-ce que j'envie les cieux

    Tu vois j'aimerai bien perdre la vue comme eux

    Ne plus rien sentir des vagues salées à mes yeux

    Ne plus rien voir de ton corps gisant sur la rosée

    Oublier mes mains portant ton corps au ciel

    Oublier mes mains sur le bois pour te porter en terre

    À frapper la terre pour frapper Hadès je crois

    À frapper la terre pour cracher à la face du monde

    Puisque même le soleil veut venir à se lever

    Mais je ne veux que la nuit pour étreindre la plaine

    Et si c'est le noir pour le monde, si c'est le zénith pour ma peine

    Alors tu vois moi je vais rester là dans la brume avec toi

    À pleurer, l'écume aux paupières, là devant des bouts de toi

    Mais je t'ai gardé Freyja, je te garderai tu sais

    Je veux croire que ta mémoire dansent encore dans les bras du vent

    Et que de la terre jusqu'au ciel, de Gaïa à Ouranos, il y a toi

    Puisqu'il y a ton nom au plus profond de cette planche de bois

    Puisque là-haut il y a une ombre blanche pour habiller la lune

    Et que jusqu'à l'Éther tes yeux rendent le ciel plus bleu

    Alors Freya tu as quitté ce monde corps et biens, je sais

    Mais il reste bien ton souvenir pour faire tourner mon monde entier

     

    03/10/2018


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  •  

    Il y a quelque chose de changé en moi
    Je n'arrive pas à savoir quoi ni pourquoi
    Un calme plat même au plus profond de mes veines
    Une sensation, je crois, inscrite dans mes gènes
    La géosmine embrasant la brume, j'inspire
    Et j'expire en souvenir de mes désirs

    Il y a quelque chose à l'ombre de mes cils
    Pourtant mes peines et mes chaînes sont en exil
    Alors ces larmes de joie seront la rosée
    Et la lumière des aurores étoilées
    Je veux voir le monde briller de mille feux
    Comme une supernova gravée dans mes yeux
    Je veux que son souffle balaye ma rancœur
    Et je veux connaître ce goût teinté d'ailleurs

    Il y a quelque chose au creux de mes poumons
    Comme l'air frais d'été balançant les lampions
    Le goût de l'oxygène assagi par la pluie
    Et les vents boréales emportés par minuit
    Je respire, vivre est une drogue forte
    J'inspire, alors l'euphorie des sens m'emporte
    J'expire, toxicomane accro à l'enjeu
    Sourire est une porte ouverte sur les cieux
    Alors je monte au ciel, souriant sans décence
    La clameur du purgatoire embrume mes sens

    Je sais ce qui erre sur les quais de mon cœur
    Les débarcadères baignés dans la vapeur
    Le chant des locomotives sculpte le vent
    Et le vent forge la couleur des sentiments
    Blanc lunaire comme la neige juvénile
    Bleu électrique des cieux à l'éclat fragile
    Et j'aime les mirages, la chaleur du goudron
    Les feuilles mortes, les premières floraisons
    J'aime l'odeur des néons, la couleur de l'asphalte
    La blancheur de l'ivoire, l'éclat du cobalt
    J'ai l'âme légère, ma chair, mon cœur sont libres
    Ma conscience comme une forme d’équilibre

     


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  •  

    J'entends chaque note qui résonne
    Je sens la raison qui m'abandonne
    J'écoute les murs lassés qui vibrent
    Je le sais je ne suis que trop libre
    Je suis désormais sans plus d'attache
    Rien que je ne lâche ou me détache
    Une étoile seule dans le noir
    Noyée dans les larmes, le désespoir
    J'en ai chacune et toutes les peines
    Chaque peur d'hier, toutes les joies vaines
    J'en ai tous sauf le céleste éclat
    Plus personne ne brille si bas
    Et encore les notes résonnent
    Pendant que mon envie m'abandonne
    Reviennent des brides de mémoire
    Brisant encore mes morts espoirs
    Je ne sais même plus si je tombe
    Si inlassablement je succombe
    Puisque je ne veux même pas mourir
    Je ne veux ni sourires, ni rires
    Seulement le néant et ma peine
    Sans plus de morphine dans les veines
    Je veux ressentir cette douleur
    Replonger dans mes pleurs, mon malheur
    Et encore les rires résonnent
    Alors que mes éclats m'abandonnent
    Je lui ai donné toute mon âme
    Maintenant j'y retrouve une lame
    Et je saigne jusqu'à ne plus comprendre
    Que je pouvais encore l'attendre
    Tout mon cœur ne lui a pas suffi
    Il lui fallait peut-être ma vie
    Ma vie qui prend goût à cet abîme
    Où tout mon corps et mon cœur s’abîment
    Puisqu'elle était seulement un rêve
    Juste une ange à la beauté sans trêve
    Maintenant le silence résonne
    Enlaçant ma vie qui m'abandonne

    Note : C'est un vieux poème que j'ai retrouvé il n'y a pas longtemps, je tiens à le préciser car il ne reflète pas du tout mon état d'esprit actuel et que je n'ai pas envie que vous vous inquiétez pour moi (je m'adresse à mes proches qui pourraient lire ce poème)


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  •  

    La bruit de la ville comme le chant du vent

    Les pavés désertés sous des lueurs d'antan

    Les rues dans une aura d'ocre et de grès blafard

    À peine l'éclat des cafés et des bars

    J'ai jamais aimé les sourires de façades

    Les attentions surfaites et les rires un peu fades

    Je veux des mots honnêtes et que l'on s'ouvre l'âme

    Nous deux, en tête à tête sur le macadam

    La vérité telle qu'elle est, nos cœurs comme ils sont

    Voir poème : Pensées vagabondes


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  •  

    Cœur serré et sourire sincère

    Les yeux lourds mais l'âme légère

    Laisse-moi rester encore un peu

    Te dire aurevoir sans dire adieu

    Laisser s'effeuiller les souvenirs

    Et faner les amours sans soupir

    Pluie diluvienne et ciel immaculé

    Parapluie d'ébène et peau cuivrée

    Alors mon cœur danse à contre-temps

    Comme les flots à contre-courant

    Ma conscience est lâche et lâche prise

    Mes sentiments s'attachent et s'enlisent

    Laisse-moi rester encore un peu

    Je ne veux pas qu'on se dise adieu

    J'ai l'âme paisible à tes côtés

    Et mon cœur persiste à tes chevets


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  •  

    Uranus,

    Ton blizzard creuse ma peau en sillon de chair

    En crevasses déchirant mes nerfs, mes artères

    Ma conscience voudrait fuir, pouvoir oublier

    Mais mes os veulent désespérément rester

    Dans ce vent, m'enlevant tout sauf mes souvenirs

    Ce vent qui n'emporte pas son foutu sourire

    Pourquoi ma volonté devient-elle si blême ?

    Pourquoi plus je la vois sourire, plus je l'aime

    Et plus je l'aime, plus je veux la voir sourire ?

    Je ne voulais plus aimer pour ne plus souffrir

    Mais déjà mon cœur lâche prise et se défile

    Déjà mon âme s'aventure sur le fil

    Sur une crête entre deux ravins de douleur

    Un chemin entre les hémisphères de mon cœur

    Mais tant de ponts de neiges sur des gouffres traîtres

    Ce sentier m'apprendra à mourir ou à naître

    Les filets de sang qui s'écoulent de mes plaies

    Gèlent à la lisière de ma peau violacée

    Les larmes sur mes paupières encore ouvertes

    Cristallisent à l'orée de  mon sourire inerte

    Comme des éclats de verre contre mes joues

    Comme des lames de rasoir contre mon cou

    Mon corps est un cimetière couvert de sang

    La où tu aurais pu graver tes sentiments

    L'épiderme est une gangrène décadente

    Où tu aurais pu poser tes lèvres brûlantes

    Tu sais, il y a vingt-sept lunes dans ce ciel

    Et j'ai tant souffert pour une lueur si frêle

    Mais je ne crois pas que l'Amour soit quantifiable

    Je désire seulement qu'il soit périssable


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  •  

    Bleue,

    C'est un brun baiser entre le ciel et la terre

    L'union fébrile du cosmos et de la mer

    Les étoiles filantes enlacées à l'écume

    Et le bleu de mes larmes quand je l'inhume

    L'azur des cieux étreignant les diamants d'Hadès

    Le paradis et l'enfer dans une promesse

    Comme le serment des gentianes pour toujours

    À nos beaux jours, à nos tristes jours, à l'Amour

    L'Amour fleur bleue à l'eau des roses bleutés

    À l'eau de ces roses et à l'encre de l'été

    Bleue a signée sur un papier blanc comme neige

    Elle a promis de lier en un seul arpège

    Les mers, les cieux, nos veines comme une harmonique

    Même bleu de la Vieille Europe aux Amériques

    Même bleu de ce bas-monde à l'Éther diurne

    Même bleu du sang noble qui salit nos urnes

    Bleu horizon dans la boue, le sang de Verdun

    Bleu pétrole des montagnes dans le lointain

    Bleu pastel comme l'écho au fond de ses yeux

    L'azur des cieux, les diamants d'Hadès, ses yeux bleus

     

    Voir poème : Blanc


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  •  

    Blanc,

    Blanc pâle, blanc vide, blanc terne, blanc souillé

    Blanc tâché de mélancolie immaculée

    Comme la neige recouvrant mes souvenirs

    Sur laquelle j'ai épuisé tant de sourires


    Blanc maladif des visages désenchantés

    Des cicatrices gravées sur les corps lassés

    De ceux qui ont connu la couleur de ces murs

    Qui l'ont vu devenir une douleur des plus pures


    Blanc tamisé entre les branches à contre-nuit

    La lune est magnifique quand elle sourit

    Cristalline sur ses lèvres à l'éclat de sel

    Pâle sur son visage aux couleurs du ciel


    Blanc sans nuance sur du papier sans ténèbres

    Attendant son poète sur les bords de l'Èbre

    Celui qui parsème les mots de la bohème

    Car un blanc qui ne sème rien est un blanc blême

     

    Notes : J’ai écrit ce poème dans le cadre de l’œuvre Chroma de Derek Jarman (je vous laisse par ailleurs vous renseignez sur ce livre si vous le voulez, il est très intéressant, je le conseille). Il fallait par la suite écrire un poème sur une couleur parmi le noir, le rouge, le jaune et le bleu et écrire obligatoirement un poème sur le blanc, que vous avez donc sur les yeux. J’ai réalisé ce poème en groupe et j’ai choisi comme seconde couleur le bleu (Bleue), que j’ai réalisé seul.


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  •  

    Lune,

    Tu m'as dit d'une voix rose comme l'Amour

    À travers tes cheveux pales comme le jour

    Tu m'as dit comment le monde était magnifique

    Que l'ébène et l'azur étaient des beautés antiques

    Tu m'as dit que la Terre était peuplée d'étoiles

    Qu'elle était parsemée d'aurores boréales

    Tu m'as dit que j'étais une constellation

    Que mes yeux brillaient plus qu'Andromède et Orion

    Qu'ils brillaient tellement quand je te regardais

    Que tu voulais voir brûler ces feux à jamais

    Me voir aimer ce que je vois, ce que j'ai vu

    Comme j'ai pu t'aimer, comme je l'ai voulu

    J'ai appris à t'aimer dans le froid de la nuit

    Et même si on ne s'aime plus aujourd'hui

    Je sais encore comment c'était somptueux

    Car je me souviens de ton sourire brumeux

    De tes cheveux encore plus blancs que ta peau

    Toutes ces choses qui m'ont fait perdre mes mots

    Maintenant j'ai trop de mots, pas assez de feuilles

    Trop d'écueils sans naufrage, trop d'oublis sans deuil

    Lune,

    J'ai fait ce que tes lèvres cristallines ont dit

    J'ai fait ce que tes yeux bleus aciers m'ont souri

    J'ai aimé le monde comme j'ai pu t'aimer

    Parce qu'il restait quelque chose de brisé

    Parce que je t'aimais encore je suppose

    Peu importe j'ai toujours les mêmes ecchymoses

    J'ai préféré oublier qui j'étais moi-même

    Maintenant le reflet du miroir est bien blême

    À quoi bon que je sois une constellation

    Si je ne me trouve que l'éclat des lampions

    Alors j'ai imaginé ta voix me le dire

    J'ai imaginé la courbe de ton sourire

    Tu disais de m'aimer comme tu m'as aimée

    Et j'ai gravé ces mots sur mon cœur épuisé

    Je tiendrai parole, ne te décevrai pas

    En souvenir de ce qu'on était toi et moi

     


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  •  

    La vie est aride, l'attente est insipide.
    L'horizon persiste désespérément vide.
    Le vent n'emporte plus la rouille sur les rails.
    Ce sursis est une constante funéraille.

    Ne vous inquiétez pas mon bonheur est sous-vide.
    Peut-être est-il devenu pâle et livide,
    Mais il est toujours là, près de moi, quelque part.
    Et j'irai le chercher avant qu'il soit trop tard.

    Mais vous savez le temps n'est pas analgésique.
    Il peut l'être seulement en quelques suppliques,
    En quelques désirs qui ne m'appartiennent plus.
    Car tout un fragment de moi m'a été déchu.

    Puisque le train que j'attends n'arrivera pas,
    Puisque ce train s'est éteint avec mes éclats.
    Car mes restes de pureté sont blancs cassé.
    Car finalement je le suis, je suis brisé.

    Vous savez où je serais allé avec ce train?
    Je serais allé au bout d'une route sans fin.
    J'aurais trouvé le but d'un cœur sans horizon.
    J'aurais pu blanchir une âme sans rédemption.

    Mais j'attends toujours depuis des siècles peut-être.
    Jusqu'à oublier ce qui fait seulement paraître.
    Jusqu'à me nourrir d'illusion, de réalité.
    Jusqu'à aimer la tristesse à m'en aveugler.

    Le béton est glacé, le vent est acéré.
    Les débarcadères sont toujours désertés,
    Et le tableau des horaires indique zéro.
    Dans ma solitude j'épuise tous mes mots.

    Je crois que la brume est une sorte de linceul.
    Mais dans ce cimetière je ne suis pas seul,
    Il y a eu des passants, des Rimbaud, des Beckett.
    À moins qu'ils n'étaient que des ombres dans ma tête

    La valise en cuir ciré au creux de ma main,
    La montre déréglée qui indique demain,
    Viennent tous deux d'un autre âge un peu plus vivant.
    Un peu comme mon corps, débris d'un autre temps.

    Fragment d'antan, à l'époque où ce train venait.
    Éclat d'outre-passé, quand j'étais animé.
    Un temps où nous étions Invincibles,
    Dans un espoir mortel, qui était bien fébrile.

    Mais si j'ai pu vivre plus que n'importe qui,
    Ça vaut le coup si je ne vis plus aujourd'hui ?
    C'est une histoire de choix et de pesée,
    Une question de dissection de cœur lassé.

    Avant qu'on s'enterre et avant que l'on s'enlise.
    Comme un pari sur lequel personne ne mise.
    Car à ce jeu on risque notre droit de vivre,
    Et que ce soit de joie, de larme, on finit ivre.

    La nuit est trop froide, la vie un peu trop fade.
    Le dos droit, le regard haut sont une façade.
    Car si mes yeux sont hauts, ils sont fuyants et tristes.
    Puisque l'attente est insipide et qu'elle persiste.

     

    Sur les quais de mon cœur

    Photographie devant la gare de Canfranc en Espagne

     


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