• Poèmes

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    J'attends dans la rosée du matin
    J'attends dans la brise du soir
    Les feuilles ont pris leur couleur carmin
    Les fleurs sont devenues noires

    Empreins de cette morne lassitude
    J'attends de voir la neige blanchir les champs
    Ou de voir le soleil éclairé toujours aussi prude
    D'admirer le monde l’œil incandescent

    J'attends épris de contemplation
    Avec le vent partent mes noires idées
    Avec la nuit disparaissent mes passions
    Je ne sais plus de quel bois je suis fais

    Je ne sais pas ce que j'attends avec tant d'espoir
    Mais je suis là et j'attends tout de même
    J'attendrai de voir l'Homme accomplir ses déboires
    Et de voir s'éterniser le système


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    La vitre se parsème de gouttes

    Quelques flaques éparses sur la route

    Et derrière les traits chaotiques

    Tracés par la fine pluie, s’applique

    Un reflet un peu flou, presque estompé

    Le ciel et les forêts embrumés

    Le monde s’assombrit d’un noir mat

    Le bitume devenant noirâtre

    Sous seulement quelques gouttes d’eau

    Si haute par-delà les oiseaux

    Corps célestes peut-être déchus

    Tombant sur ces toits un peu perdus

    Et moi, qu’une ombre filant entre elles

    Inscrit quelque part dans ma prunelle

    Cette route noire et ce ciel gris

    Ces nuances de monotonie

    Appartenant à un faux automne

    Dans un trop fidèle monochrome

    Brisé par des reflets lancinants

    Les feux et les néons dans le vent

    Ce même vent qui effacera

    Ce paysage sans un éclat

    Brillant pourtant d’une beauté sobre

    Comme si Septembre était Octobre

    Qu’importe la beauté n’a pas d’heure

    Ni de lieu qui lui serait meilleur

     

    Note : J’ai écrit ce poème en regardant par la vitre alors que j’étais en bus. J’ai toujours trouvé à la pluie quelque chose de beau, une beauté qu’on ne trouvait pas ailleurs. Dans ce poème j’ai voulu montrer que chaque chose à une part de beauté et qu’il faut juste savoir la regarder du bon angle.


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    Ci-dessous la liste de chacun des poèmes par ordre alphabétique (cette liste sera mise à jour à chaque poème publié) :

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    Cette nuit je m’en vais rêver
    Vers d’autres horizons brisés
    Là où les arcs-en-ciel se terrent
    Le ciel épousera la terre
    Tous ces rêves je les perdrai
    Dans une brume immaculée
    Mais si ce soir je peux les vivre
    Peu m’importe ce qui va suivre

    Car ce soir je m’en vais rêver
    Fuir les démons de mon passé
    Courir pour mes désillusions
    En trainant des jambes de plombs
    Le sommeil rabattra son voile
    Sur cet autre rêve létal
    Et encore j’oublierai tout
    Un frisson resté dans mon cou


    La nuit tombée j’irai rêver
    J’irai aimer la voie lactée
    Et quelque reflet dans l’acide
    Sans jamais devenir lucide
    Je suivrai chacun de mes rêves
    Je m’imprégnerai de leurs sèves
    J’irai au gré de mes pensées
    Jusqu’au matin trop embrumé

     

    Note : Une amie m’a proposé ce thème « faire un poème sur les rêves « . Au début je n’avais pas vraiment d’idée, mais dès le lendemain j’ai essayé de commencer le poème et je l’ai fini dans la matinée. Dans la dernière strophe le vers « Sans jamais devenir lucide » fait référence à un type de rêve : les rêves lucides. En bref c’est un rêve où on comprend qu’on est en train de dormir, grâce à cela on peut contrôler le rêve. Ce serait trop long pour tout dire alors je vous invite à vous renseigner sur le sujet, je le trouve très intéressant.

     


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    Les couleurs flirtent et se mélangent, brillent presque
    Une lumière blonde perce le feuillage
    En harmonie, formant une sublime fresque
    Une beauté sauvage mais pourtant si sage

    Mes paupières s'ouvrent sur un vide parfait
    Le rêve s'estompe dans le noir de ma vue
    Une goutte salée tombe sur l'oreiller
    Peut-être est-il blanc mais tout cela m'est perdu

    Je quitte mes draps comme un vieil habitué
    D'un pas assuré je viens ouvrir mes rideaux
    J'entends s'engouffrer la fraicheur du mois de Mai
    Je goutte le chant des grillons quelque peu faux


    Une légère brise caresse ma peau
    En haut, le ciel se teinte-t-il noir ou vermeil?
    J'aimerai le voir mais pas à travers des mots
    Des mots de quelqu'un qui encore s'émerveille

    Mais je relève la tête dans un soupir
    On dit parfois qu'il faut apercevoir pour y croire
    Mais pour moi qui a perdu de vue ce loisir
    Pour y croire il ne me reste plus que l'espoir

    Dehors, une pluie légère s'abat sur mon corps
    J'entends la pluie tomber, je sens les gouttes s'écouler
    Cet instant je peux le vivre tellement fort
    Mais la pluie s'estompe comme mes rêves d'été

    Il m'arrive encore de goûter quelques trêves
    Quand Morphée m'enlace de ses bras de velours
    Alors je m'abandonne à lui et à mes rêves
    Espérant voir ce qui m'est interdit le jour

     

    Note : C’est un ami qui m’a proposé ce thème : « faire un poème sur un aveugle ». Il pensait faire sur un aveugle de naissance mais j’ai préféré le faire sur quelqu’un devenu aveugle. Mais je compte faire un poème en utilisant tous les sens sauf la vue pour décrire un paysage  (car j’utilise principalement la vue dans mes poèmes). Depuis longtemps je pense à faire une version audio d’un poème. Et je pense que ce poème est une bonne occasion de le faire. Mais je ne sais pas quand, ni même si je le ferai. Par ailleurs je tiens à dire que ce poème est un point de vue d’un seul aveugle (fictif qui plus est) il n’est pas général.


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    Y-a-t-il déjà trop de gens heureux ?

    Le bonheur est-il si contagieux et venimeux ?

    Et trop peu de personnes qui existent

    Avec au fond d’eux qu’un vide triste ?

     

    Alors éteignons donc nos étoiles

    Et sur la vérité rabattons le voile

    Laissons le ciel, reflet de notre propre âme

    S’assombrir pour planter la dernière lame

     

    Si nous ne sommes pas déjà au fond de l’abîme

    Forçons-nous à délaisser les cimes

    Forçons-nous à nous vider de nos larmes

    Puisque c’est enivrant de perdre nos armes

     

    Faisons donc taire égoïstement nos vies

    Même si ne reviendront pas les étoiles péries

    Ne vous estimez pas donc stupides ?

    De par vos actes insipides

     

    Ne pensez-vous pas que vous avez tort ?

    Qu’il faudrait être heureux de ne pas être mort

    Qu’autres parts les gens peinent à exister

    Mais pourtant ne s’apitoient jamais

     

     

    Note : Je préfère normalement me taire sur le sens des poèmes mais je pense que pour celui-là une explication n’est pas de trop. Si vous avez déjà un avis bien tranché et qu’il vous convient ne lisez pas la suite. Je parle donc ici de certaines personnes qui cherchent à être triste pour attirer l’attention sur eux, comme si la tristesse avait quelque chose d'attirant. Certes en tant que « poète » (ce n’est pas à moi de décider si je mérite ce terme mais je n’en voyais pas d’autre) je considère la tristesse comme une source d’inspiration. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faille la chercher. Enfin le titre, le poème étant placé sous le signe du sarcasme (sauf la fin) le titre l’est aussi. Je compare le bonheur à une lumière, et comme si tous ces bonheurs étaient de trop, un peu comme une pollution (ici donc je n’utilise pas le terme « Pollution lumineuse » dans son sens propre), mais je pense plutôt qu’il y a trop de gens qui vivent dans le noir et pas assez qui brûle de cette lumière.


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     Le soleil enlace ma peau
    Elle s’embrase à son étau

    Et s’orne de rouille d’antan
    Se teinte d’or mêlé au sang
    Le vent et le ciel sont changeants
     

    L’orage tonnera sans pluie
    Les vagues iront voir mille vies

    Dans une caresse inlassable
    Elles languiront sur le sable
    D’un rythme quelque peu instable
     

    Comme ces petites lumières
    Qui traversent les rues de pierre

    Pour suivre un conseil ou un ordre
    Pour édifier un flou désordre
    Frôlant de peu la discorde
     

    Ainsi tourne parfois le monde
    Plus vite pour chaque seconde

    Quand l’horizon devient rêvé
    Le soleil baigne les vallées
    Comme les enfants dans l’eau dorée
     

    Alors l’herbe parait plus plage
    Qu’une étendue verte trop sage

    Chacune de ces vies fourmille
    En tissant de fil en aiguille
    Une vie qui jamais ne cille
    Je crois qu’on la nomme « Été »

     

    Note : J’ai écrit ce poème sur un thème proposé par Elrad, vu que j’avais déjà écrit un poème sur le printemps (Chloris) il me proposait d’en écrire un sur chaque saison, voilà donc mon poème sur l’été.


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    Est-ce que cette palpitation ?
    Née d’outre-corps, cette sensation
    Est-ce ce que vous nommez « Souffrance » ?
    Ou simplement un autre non-sens ?

    Pourquoi le silence me répond ?
    Je ne demande pas son sermon
    Quel est ce bruit de voix de cire ?
    Est-ce cela un sanglot de rire ?

    Pourquoi la courbure du monde,
    Ne peut pas être juste si ronde ?
    Dites-moi pourquoi elle se tord
    Est-ce pour ce sol ? Déjà trop mort 

    Ai-je le droit de simplement croire
    En cette idée appelée « espoir »
    Et pourquoi ai-je tellement froid ?
    Pitié, rien qu’un mot, répondez-moi

    Vous ne trouvez pas ma peau terne ?
    Je le ressens, ce frisson alterne
    Entre le gèle et l’oubli des sens
    La souffrance est-elle alternance ?

    Elle s’éteint, cette sensation
    Mon sang n’est plus cette friction
    Je crois que ma peau, mon corps se glacent
    Je ne ressens rien, mon souffle passe


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    Des plaines à l'herbe jaunie, couleur de soleil
    Une forêt de ronces et quelques champs vermeils
    Sur une seule route, celle que je suis
    Ici des éclaircies et parfois de la pluie
    Faisant ployer les arbres ou fleurir chaque pré
    Le vent et les vagues liés ont même chanté
    La rive s'en souvient mais je n'y penserai plus
    Plutôt se défaire de ce que j'ai perdu
    Ce pont inondé et cette vallée de larmes
    Mais regarde là-bas sur le sol quelques armes
    Rouillées par cette pluie légèrement salée
    Sur la même route, celle que je me crée
    Celle que je dessine à l'encre de mes rêves
    J'y marcherai avant que le soleil se lève
    Car ce soir la nuit est douce et sans nuage
    En chaque endroit je ne serai que de passage
    Si tu veux goûter la terre, oublier le bitume
    Suis-moi sur la route avec au loin la brume
    Viens aussi mon ange apprend mes joies et mes doutes
    Choisissons ou inventons notre propre route
    Mais peu m'importe les sentiers trop bien battus
    Cela fait longtemps qu'ils ne peuplent plus ma vue
    Et je connais par cœur la route arpentée
    Des espoirs et quelques rêves désenchantés
    L'eau d'une marre qui se fait lentement sang
    Et des journées entières de soleil couchant
    Un chemin tellement glacé et couvert de givre
    Que j'aurais perdu mon cœur si je n'étais ivre
    Un pont en lambeaux, un brouillard d'or et l'abîme
    Quelques fois un jardin au-delà de nos cimes
    Des jours d'azur, d'autres de nuages et d'orages
    Une plaine sans vie qui n'est plus que naufrage
    Et ce n'est rien d'autre qu'un commencement
    Mais il faut bien qu'il dure le temps d'un instant
    Car il y en aura encore, j'en suis sûr
    Pour mes yeux sans doute, ce sera à usure
    Et je les verrai tous sans les attendre
    Des déserts faits de poussières et de cendres
    Des terres lisses de nacre et des ciels de marbre
    Des rivières asséchées et des forêts sans arbre
    De l'air trop empli de mort pour que je l'inspire
    Je ferai que le lieu de mon dernier soupir
    Ne soit jamais cette falaise d'ecchymose
    Mais cette plaine couverte de pourpres roses


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    On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
    Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
    Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
    Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare
     

    Mais je chante, proclamant au-delà du ciel,
    Leur souffrance, leur désespoir irréel.
    Quand ils marchaient dans le désert.
    Quand la mort emplissait l'air. 

    Nés quelques part, nés au mauvais endroit,
    Une pensée en trop, une idée en soi.
    A leur mort ils priaient les cieux,
    A leur mort ils suppliaient Dieu. 

    Prétendu ami des Hommes du Nord,
    Leurs hôtes ont voulu leur mort.
    Les descendants du grand Sultan,
    Enfant de l'empire Ottoman. 

    Les ont tués, exterminés jusqu'au dernier.
    Leurs corps ont été entassés,
    Dans les fossés des routes désertes,
    Étaient leurs cadavres inertes. 

    Ils ont massacré les enfants d'Adam et Ève,
    Morts lors d'un lugubre rêve.

     

    Note: C’était un exercice durant un cours de français, en prenant comme premier paragraphe un extrait de Nuit et Brouillard de Jean Ferrat (ici le seul paragraphe qui n'est pas en italique) écrire un poème engagé.


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