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    Il y a quelque chose de changé en moi
    Je n'arrive pas à savoir quoi ni pourquoi
    Un calme plat même au plus profond de mes veines
    Une sensation, je crois, inscrite dans mes gènes
    La géosmine embrasant la brume, j'inspire
    Et j'expire en souvenir de mes désirs

    Il y a quelque chose à l'ombre de mes cils
    Pourtant mes peines et mes chaînes sont en exil
    Alors ces larmes de joie seront la rosée
    Et la lumière des aurores étoilées
    Je veux voir le monde briller de mille feux
    Comme une supernova gravée dans mes yeux
    Je veux que son souffle balaye ma rancœur
    Et je veux connaître ce goût teinté d'ailleurs

    Il y a quelque chose au creux de mes poumons
    Comme l'air frais d'été balançant les lampions
    Le goût de l'oxygène assagi par la pluie
    Et les vents boréales emportés par minuit
    Je respire, vivre est une drogue forte
    J'inspire, alors l'euphorie des sens m'emporte
    J'expire, toxicomane accro à l'enjeu
    Sourire est une porte ouverte sur les cieux
    Alors je monte au ciel, souriant sans décence
    La clameur du purgatoire embrume mes sens

    Je sais ce qui erre sur les quais de mon cœur
    Les débarcadères baignés dans la vapeur
    Le chant des locomotives sculpte le vent
    Et le vent forge la couleur des sentiments
    Blanc lunaire comme la neige juvénile
    Bleu électrique des cieux à l'éclat fragile
    Et j'aime les mirages, la chaleur du goudron
    Les feuilles mortes, les premières floraisons
    J'aime l'odeur des néons, la couleur de l'asphalte
    La blancheur de l'ivoire, l'éclat du cobalt
    J'ai l'âme légère, ma chair, mon cœur sont libres
    Ma conscience comme une forme d’équilibre

     


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    J'entends chaque note qui résonne
    Je sens la raison qui m'abandonne
    J'écoute les murs lassés qui vibrent
    Je le sais je ne suis que trop libre
    Je suis désormais sans plus d'attache
    Rien que je ne lâche ou me détache
    Une étoile seule dans le noir
    Noyée dans les larmes, le désespoir
    J'en ai chacune et toutes les peines
    Chaque peur d'hier, toutes les joies vaines
    J'en ai tous sauf le céleste éclat
    Plus personne ne brille si bas
    Et encore les notes résonnent
    Pendant que mon envie m'abandonne
    Reviennent des brides de mémoire
    Brisant encore mes morts espoirs
    Je ne sais même plus si je tombe
    Si inlassablement je succombe
    Puisque je ne veux même pas mourir
    Je ne veux ni sourires, ni rires
    Seulement le néant et ma peine
    Sans plus de morphine dans les veines
    Je veux ressentir cette douleur
    Replonger dans mes pleurs, mon malheur
    Et encore les rires résonnent
    Alors que mes éclats m'abandonnent
    Je lui ai donné toute mon âme
    Maintenant j'y retrouve une lame
    Et je saigne jusqu'à ne plus comprendre
    Que je pouvais encore l'attendre
    Tout mon cœur ne lui a pas suffi
    Il lui fallait peut-être ma vie
    Ma vie qui prend goût à cet abîme
    Où tout mon corps et mon cœur s’abîment
    Puisqu'elle était seulement un rêve
    Juste une ange à la beauté sans trêve
    Maintenant le silence résonne
    Enlaçant ma vie qui m'abandonne

    Note : C'est un vieux poème que j'ai retrouvé il n'y a pas longtemps, je tiens à le préciser car il ne reflète pas du tout mon état d'esprit actuel et que je n'ai pas envie que vous vous inquiétez pour moi (je m'adresse à mes proches qui pourraient lire ce poème)


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    La bruit de la ville comme le chant du vent

    Les pavés désertés sous des lueurs d'antan

    Les rues dans une aura d'ocre et de grès blafard

    À peine l'éclat des cafés et des bars

    J'ai jamais aimé les sourires de façades

    Les attentions surfaites et les rires un peu fades

    Je veux des mots honnêtes et que l'on s'ouvre l'âme

    Nous deux, en tête à tête sur le macadam

    La vérité telle qu'elle est, nos cœurs comme ils sont

    Voir poème : Pensées vagabondes


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    Cœur serré et sourire sincère

    Les yeux lourds mais l'âme légère

    Laisse-moi rester encore un peu

    Te dire aurevoir sans dire adieu

    Laisser s'effeuiller les souvenirs

    Et faner les amours sans soupir

    Pluie diluvienne et ciel immaculé

    Parapluie d'ébène et peau cuivrée

    Alors mon cœur danse à contre-temps

    Comme les flots à contre-courant

    Ma conscience est lâche et lâche prise

    Mes sentiments s'attachent et s'enlisent

    Laisse-moi rester encore un peu

    Je ne veux pas qu'on se dise adieu

    J'ai l'âme paisible à tes côtés

    Et mon cœur persiste à tes chevets


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    Uranus,

    Ton blizzard creuse ma peau en sillon de chair

    En crevasses déchirant mes nerfs, mes artères

    Ma conscience voudrait fuir, pouvoir oublier

    Mais mes os veulent désespérément rester

    Dans ce vent, m'enlevant tout sauf mes souvenirs

    Ce vent qui n'emporte pas son foutu sourire

    Pourquoi ma volonté devient-elle si blême ?

    Pourquoi plus je la vois sourire, plus je l'aime

    Et plus je l'aime, plus je veux la voir sourire ?

    Je ne voulais plus aimer pour ne plus souffrir

    Mais déjà mon cœur lâche prise et se défile

    Déjà mon âme s'aventure sur le fil

    Sur une crête entre deux ravins de douleur

    Un chemin entre les hémisphères de mon cœur

    Mais tant de ponts de neiges sur des gouffres traîtres

    Ce sentier m'apprendra à mourir ou à naître

    Les filets de sang qui s'écoulent de mes plaies

    Gèlent à la lisière de ma peau violacée

    Les larmes sur mes paupières encore ouvertes

    Cristallisent à l'orée de  mon sourire inerte

    Comme des éclats de verre contre mes joues

    Comme des lames de rasoir contre mon cou

    Mon corps est un cimetière couvert de sang

    La où tu aurais pu graver tes sentiments

    L'épiderme est une gangrène décadente

    Où tu aurais pu poser tes lèvres brûlantes

    Tu sais, il y a vingt-sept lunes dans ce ciel

    Et j'ai tant souffert pour une lueur si frêle

    Mais je ne crois pas que l'Amour soit quantifiable

    Je désire seulement qu'il soit périssable


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