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       La particularité de cette plante est de ne pousser qu’à proximité des cadavres. Ce qui n’a pas manqué d’attiser les légendes sur son compte et de la rendre, pour la plupart des cultures, une fleur maudite. Son nom est d’ailleurs tiré de ses croyances, Alista venant de Alisteh, la mort en Stelehaï. Les nombreux surnoms qui lui en sont donnés en découlent également : Fleur des morts ou encore Fleur de sang. Pourtant cette plante est loin d’être maudite, en effet ses feuilles, une fois broyées, donnent un excellent cautérisant, et les pétales de ses fleurs font un très bon aromatisant au goût sucré. Ainsi certains peuples l’utilisent pour ses vertus alors d’autres la craignent. Remarquons également que si Flor’Alista poussent près de cadavres, elle ne pousse que dans les zones tempérées et jamais dans les territoires trop froids ou trop secs.

       Une autre particularité de la plante réside dans ses pétales. Les fleurs de cette plante abordent des pétales rouge sang et des pistils violets si foncés qu’ils paraissent presque noir. Cependant si magnifique qu’ils soient, les pétales sont fins et ne tiennent souvent pas les gelés du printemps. La plante utilise donc un système très rare. Alors que les pétales sont encore vivaces, d’autres commencent à pousser pour remplacer les autres pétales une fois qu’ils tomberont. Et ceci environ cinq fois par printemps. Ses pétales naissants sont d’un rouge plus foncé, cramoisi. Ainsi la fleur se pare d’un dégradé du rouge sang au violet.

       Un tel mécanisme coûte énormément d’énergie à la plante. C’est sûrement pour cette raison que ses feuilles sont assez larges – et d’un vert très foncé soi dit en passant - et que la plante cherche à grimper sur les murs. Evidemment il est rare qu’un cadavre s’appuie directement sur un mur, alors Flor’Alista va répandre ses racines sur le sol, parfois sur une centaine de mètre, jusqu’à trouver un relief où elle pourrait s’y agripper. Ce sont les Flor’Alista qui ont trouvés un tronc ou un mur où monter qui font éclore le plus de fleurs. Les autres qui doivent se contenter du sol n’ont pas ou peu de fleurs, sauf quand le terrain est très bien exposé au soleil.

     


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     Si vous n'avez pas lu le début de cette fiction (l'Héritier des Dieux), ne lisez pas cet article. Le début de la fiction est ici. 

       Il releva la tête dans un soupir. Rien n’avait changé. Qu’est-ce qui aurait pu changer ? C’était toujours le même charnier de corps décomposés jusqu’à l’os. Il voyait juste un peu plus l’intérieur de la citadelle ravagée. C’était étrange, les poutres calcinées et les murs noircis laissés savoir comment les Éméréens avaient incendiés Dem’Breck. Et pourtant la végétation recouvrait chaque parcelle des ruines brûlés, chaque brique des murs noirs comme la suie, chaque cendre de la grandeur de Dem’Breck. Comme l’union du feu et de la nature. Les décombres devant Seto avaient dû formées une place auparavant. Il y avait une fontaine délabrée au centre et tout autour des maisons brisées. La fontaine était surplombée d’une statue méconnaissable tellement la nature l’avait recouvert et rongé. Un squelette désarticulé était accroché à la statue par des larges sangles en cuir. Il portait encore une armure, cabossée et rouillée. Un rosier lui avait grimpé entre les os. Mais une seule rose avait éclos en ce début de printemps. Elle était d’un rouge écarlate et ouvrait ses pétales dans l’orbite droite de son crâne. Un panneau lui avait été attaché autour du torse, mais maintenant il était couvert de lierre et illisible. Seto s’approcha du corps. Lentement. Avec une boule au fond de son ventre et un nœud dans sa gorge. Quelque chose l’attirait inexorablement vers le corps, c’était quelque chose de tangible. Il approcha doucement sa main du fauchon rouillé qui tenait fébrilement à la ceinture du cadavre. Son bras s’arrêta en plein mouvement quand il se rendit compte de ce qu’il faisait. Qu’est-ce qu’il se passerait s’il dépouillait un corps ? Est-ce que l’âme du défunt pourrait le voir ? Est-ce qu’elle allait se venger ? Il ne faisait que regarder après tout. Il posa sa main sur le pommeau du fauchon.

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    Lune,

    Tu m'as dit d'une voix rose comme l'Amour

    À travers tes cheveux pales comme le jour

    Tu m'as dit comment le monde était magnifique

    Que l'ébène et l'azur étaient des beautés antiques

    Tu m'as dit que la Terre était peuplée d'étoiles

    Qu'elle était parsemée d'aurores boréales

    Tu m'as dit que j'étais une constellation

    Que mes yeux brillaient plus qu'Andromède et Orion

    Qu'ils brillaient tellement quand je te regardais

    Que tu voulais voir brûler ces feux à jamais

    Me voir aimer ce que je vois, ce que j'ai vu

    Comme j'ai pu t'aimer, comme je l'ai voulu

    J'ai appris à t'aimer dans le froid de la nuit

    Et même si on ne s'aime plus aujourd'hui

    Je sais encore comment c'était somptueux

    Car je me souviens de ton sourire brumeux

    De tes cheveux encore plus blancs que ta peau

    Toutes ces choses qui m'ont fait perdre mes mots

    Maintenant j'ai trop de mots, pas assez de feuilles

    Trop d'écueils sans naufrage, trop d'oublis sans deuil

    Lune,

    J'ai fait ce que tes lèvres cristallines ont dit

    J'ai fait ce que tes yeux bleus aciers m'ont souri

    J'ai aimé le monde comme j'ai pu t'aimer

    Parce qu'il restait quelque chose de brisé

    Parce que je t'aimais encore je suppose

    Peu importe j'ai toujours les mêmes ecchymoses

    J'ai préféré oublier qui j'étais moi-même

    Maintenant le reflet du miroir est bien blême

    À quoi bon que je sois une constellation

    Si je ne me trouve que l'éclat des lampions

    Alors j'ai imaginé ta voix me le dire

    J'ai imaginé la courbe de ton sourire

    Tu disais de m'aimer comme tu m'as aimée

    Et j'ai gravé ces mots sur mon cœur épuisé

    Je tiendrai parole, ne te décevrai pas

    En souvenir de ce qu'on était toi et moi

     


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    Le personnage suivant n’apparaît qu’au Chapitre III de l’Héritier des Dieux. L’image en soi ne dévoile rien de l’intrigue mais je pense que si vous n’avez pas lu le chapitre en question il est préférable de ne pas regarder l’image. Vous pouvez retrouver la fiction ici.

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    La vie est aride, l'attente est insipide.
    L'horizon persiste désespérément vide.
    Le vent n'emporte plus la rouille sur les rails.
    Ce sursis est une constante funéraille.

    Ne vous inquiétez pas mon bonheur est sous-vide.
    Peut-être est-il devenu pâle et livide,
    Mais il est toujours là, près de moi, quelque part.
    Et j'irai le chercher avant qu'il soit trop tard.

    Mais vous savez le temps n'est pas analgésique.
    Il peut l'être seulement en quelques suppliques,
    En quelques désirs qui ne m'appartiennent plus.
    Car tout un fragment de moi m'a été déchu.

    Puisque le train que j'attends n'arrivera pas,
    Puisque ce train s'est éteint avec mes éclats.
    Car mes restes de pureté sont blancs cassé.
    Car finalement je le suis, je suis brisé.

    Vous savez où je serais allé avec ce train?
    Je serais allé au bout d'une route sans fin.
    J'aurais trouvé le but d'un cœur sans horizon.
    J'aurais pu blanchir une âme sans rédemption.

    Mais j'attends toujours depuis des siècles peut-être.
    Jusqu'à oublier ce qui fait seulement paraître.
    Jusqu'à me nourrir d'illusion, de réalité.
    Jusqu'à aimer la tristesse à m'en aveugler.

    Le béton est glacé, le vent est acéré.
    Les débarcadères sont toujours désertés,
    Et le tableau des horaires indique zéro.
    Dans ma solitude j'épuise tous mes mots.

    Je crois que la brume est une sorte de linceul.
    Mais dans ce cimetière je ne suis pas seul,
    Il y a eu des passants, des Rimbaud, des Beckett.
    À moins qu'ils n'étaient que des ombres dans ma tête

    La valise en cuir ciré au creux de ma main,
    La montre déréglée qui indique demain,
    Viennent tous deux d'un autre âge un peu plus vivant.
    Un peu comme mon corps, débris d'un autre temps.

    Fragment d'antan, à l'époque où ce train venait.
    Éclat d'outre-passé, quand j'étais animé.
    Un temps où nous étions Invincibles,
    Dans un espoir mortel, qui était bien fébrile.

    Mais si j'ai pu vivre plus que n'importe qui,
    Ça vaut le coup si je ne vis plus aujourd'hui ?
    C'est une histoire de choix et de pesée,
    Une question de dissection de cœur lassé.

    Avant qu'on s'enterre et avant que l'on s'enlise.
    Comme un pari sur lequel personne ne mise.
    Car à ce jeu on risque notre droit de vivre,
    Et que ce soit de joie, de larme, on finit ivre.

    La nuit est trop froide, la vie un peu trop fade.
    Le dos droit, le regard haut sont une façade.
    Car si mes yeux sont hauts, ils sont fuyants et tristes.
    Puisque l'attente est insipide et qu'elle persiste.

     

    Sur les quais de mon cœur

    Photographie devant la gare de Canfranc en Espagne

     


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