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          Je pense que je devrais commencer à vous présenter mon univers. Je vais en faire une présentation rapide, je travaille déjà sur une Genèse intitulé L’Éveil des Dieux où la création du monde sera expliquée en détail mais aussi un lexique pour chaque race.

          Mon univers est un univers de fantaisie mais pas seulement médiéval car j'ai commencé une histoire Steampunk se déroulant dans cet univers mais à une époque différente. Mais la plupart de mes fictions se déroulent dans l'univers à l'époque médiéval. Ce monde répond à un nom : L'Accelstim, « Terre des Dieux » dans la Première Langue, langue parlé aujourd'hui seulement par les elfes sous le nom de Stelehaï.

     

    Première aperçue de l'Accelstim

    L'Accelstim écrit avec les glyphes de la première langue

     

     

                La magie y est omniprésente dans cet univers et sous différentes formes. Chaque dieu a sa propre forme de magie la magie de l'Ombre, la Lumière, le Poison, le Temps, les Sentiments, l'Eau, le Sable etc... Et la plus puissante d'entre tous « la Puissance », la magie à l'état pur détenu par le Dieu Créateur, l’Innomé aux Milles Noms qui est désormais mort. Cette magie est maîtrisée que par un nombre très faible de personne. C'est la magie la plus puissante, la plus pure mais aussi la plus rare.

                Il existe de nombreuses races que je vais présenter brièvement ici, une présentation plus complète sera faite dans d'autres articles.

    Les Hommes : la race la plus nombreuse de l'Accelstim, ils n'ont rien de bien différents que ceux que nous sommes aujourd'hui à part qu'ils avaient encore le Don de Magie.

    Les Elfes : ce sont les créatures à la longévité la plus importante après les régions, ils sont habitués à vivre dans la forêt en communion avec la nature mais certain ont quittés les forêts pour les villes. Ils préfèrent les forets des climats tempérés, pourtant certain peuple d'Elfes ont dû s'habituer aux forêts tropicales ou aux climats glaciales d'Avinta.

    Les Homme-Tigres : cette espèce vit principalement dans les déserts et quitte rarement leur espace naturelle, ils cohabitent avec les nomades peuplant les déserts. On les appelle également les « Kalhipriens » une déviation de « Kalhi'premera », littéralement « fils de Primera » (la déesse du sable) dans la Première Langue. Ils sont recouverts de fourrure comme un tigre, se tiennent debout, mais leur dos est légèrement courbé pour pouvoir courir à quatre pattes n'importe quand. Dans cette position ils sont nettement plus rapides.

    Les Zecks : ce sont des créatures vivant sous la terre et sortant que très peu de leur royaume souterrain. Ils creusent dans la roche à la manière des fourmis et vivent peu longtemps, une dizaine d'années, cependant ils se reproduisent très vite. Leur colonie sont organisés très précisément chaque personne ayant une tâche précise. Mais seul les Reines ont une intelligence égalant celle d'un humain ou d'un Elfe. Ils sont plutôt petits et sont entièrement recouvert d'une carapace allant du marron au noir selon les climats. Ils ont des mandibules et ne peuvent pas communiquer par la parole, sauf les Reines qui sont dotés de corde vocale.

    Les Ashirs : Les Ashirs sont une espèce qui existe sur un seul continent, Avinta. Ils ont la peau bleue. Quand leur membre tombe, il repousse mais fait d'une matière organique semblable à de la glace. Cette matière est quasiment incassable, ce qui explique certain rite chez les guerriers qui consistent à se couper un membre ou plusieurs pour ne pas avoir besoin d'armure. Cette espèce est habituée aux grands froids d'Avinta mais supporte très mal les climats tempérés.

    Les Draks : ce sont des créatures mi-homme, mi-Dragon plus proche du Dragon, le corps recouvert d'écaille, une posture plutôt courbée et un visage ressemblant à la gueule d'un Dragon. Ils vivent en colonie mais sont dépourvu d'une intelligence semblable aux autres races (excepté les Zecks), ils obéissent au Dragon ou suivent leur instinct de survie. Certain sont dressés pour obéir aux ordres des races plus intelligentes (Homme, Elfe, Homme-Tigre etc..).

    Les Hybrides : c'est une race très spéciale puisque obtenu du croisement des Dragons et d'un Homme ou Elfe. Ils ne sont pas créés par les Dieux mais par des mortelles, grâce à la magie. A la base ils devaient être des Draks mais pourvu d'intelligence. Cependant cela a échoué, les plus chanceux sont restés comme avant excepté peut-être des yeux quelques plus draconiques. Les autres sont devenus un mélange étrange de leur race et du Dragon, avec des ailes décharnées, quelques écailles couvrant leur corps par endroit et des griffes remplaçant leur ongle. Mais les plus nombreux sont devenus des abominations folles, des os déformés, sortant parfois de la peau, une créature totalement difforme ressemblant vaguement à quelques d'humain ou elfique.

     

                Il existe également plusieurs continents mais je n’ai pas encore fixé la carte. J’ai fait quelques ébauches mais elles ne sont pas vraiment satisfaisantes. Dans cette présentation j’ai déjà évoqué Avinta, Avinta est un continent situé au pôle nord, peuplé par très peu d’êtres vivants à part les Ashirs et d’autres créatures habituées aux froids de ce continent. La plupart de mes fictions se déroulent à Boclam, un large continent allant de l’hémisphère Nord au pôle Sud. Je compte écrire une fiction sur la découverte des nouveaux continents. Un peu à la manière de Colomb en Amérique. Je consacrerai également des articles à chaque continent.

                Cette présentation n’a pas le but d’être exhaustive mais seulement de vous donner une première idée de mon univers.


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    Note: Cette nouvelle ne s’inscrit pas dans mon univers mais dans le monde réel en s'inspirant de la tempête de 1987.

       Dehors il pleuvait. Les gouttes s’abattaient en rafale sur la lucarne de sa chambre. Arthur était assis sur son lit, il regardait les arbres agités par le vent et le ciel zébré d'éclair. C'était le 15 Octobre 1987 à Portsmouth en Angleterre. La radio avait annoncé une petite tempête ; Si c'était cela une petite tempête, alors Arthur n'imaginait pas ce qu'était une grande. Il ouvrit la lucarne, et s'aventura sur le rebord de la fenêtre. La pluie fouettait son visage. Les bourrasques mettant sa chambre sans dessus de sou. Les feuilles s'envolaient par la fenêtre et se faisaient balayer par la pluie.

     

       Arthur s'agrippa à la gouttière et commença à descendre les deux étages. Il descendait tout doucement, ses doigts glissaient sur le métal. Il continuait sa descente et vit sa prise se détacher lentement du mur. Ses doigts lâchèrent, glissant sous l'effet de la pluie, il chuta d'un étage. Il se rattrapa au rebord d'une fenêtre du bout des doigts, arrachant un hurlement de douleur. Il s'était accroché à la fenêtre de la chambre de ses parents. Tant mieux s'étaient eux à qui il voulait échapper en fuyant son chez-soi. Son épaule le brûlait atrocement, cela faisait tellement mal. Arthur tenta de calmer sa respiration. Mais il n'y arrivait pas. Le rebord auquel il était agrippé s'effritait et soudain  céda. Arthur chuta de nouveau un étage. Il heurta violemment le sol et perdit connaissance.

     

    *

     

       Cara... Cara Brown... C'était un crépuscule d'été, le vent soufflait doucement, le jour allait à sa fin et  teintait le ciel de lumières pourpres, le champ reflétait le soleil couchant, les nuages rosés s'écoulaient lentement dans le ciel... Tout était parfait, le lieu, les couleurs, tout... Mais Arthur n'en avait que faire, tout ce qui l'importait c'était la frêle silhouette qui se tenait en face de lui et son visage rassurant. Il n'en avait que pour ses yeux amandes qui le fixaient avec douceur, ses lèvres fines qui s'étiraient en un sourire aimant, son teint blanc et ses fins sourcils... Ses cheveux auburn qui s'agitaient au gré du vent. Il n'y avait qu'elle, pas le crépuscule, pas le monde, seulement Cara.

     

       C’était ce jour-là qu'il lui avait déclaré son amour... Depuis ce moment, dès qu'ils le pouvaient, ils se voyaient. Ils ne voulaient pas le dire à leurs parents, ils accepteraient peut-être, peut-être que non. Dans le doute ils préféraient ne rien dire. Ils venaient chaque jour au même endroit, un vieux lavoir où plus personne ne venait. Parfois ils retrouvaient l'autre, d'autres fois lui ou elle se retrouvait seul. Ils vivaient ainsi en espérant que le Ciel leur accorde une entrevue. Mais un jour - alors que cela faisait bientôt trois mois qu'ils vivaient leur amour dans l'ombre – les parents d'Arthur lui refusèrent cet amour. Ils prétendirent que ce n'était qu'un amour issu de la fougue de la jeunesse et rien d'autre et que dans quelques années il serait reconnaissant à ses parents de l'avoir privé de cette amour.

     

    *

     

       Arthur se releva péniblement. Il était tombé dans le buisson dont son père prenait tant soin. Ce dernier pourra toujours croire qu'un animal était tombé sur son buisson pendant la tempête. Qu'importe. Arthur ignorait combien de temps il était resté inconscient. Quelques secondes ? Plusieurs minutes ? Une heure ? En tous cas il était trempé jusqu'à l'os. Maintenant qu'il était sorti de chez lui, il ignorait où aller. La forêt lui apparut en premier. Mais à la vue de la cime des arbres qui semblait danser face au vent, il hésita. Pourtant cet endroit l'avait toujours attiré, et maintenant que la nuit l'enveloppait et que la pluie tombait en rafale, la forêt l'attirait d'autant plus.

     

       Tandis qu'il marchait vers la forêt en boitillant, il vit la lumière de la chambre de ses parents allumée. Il commença à courir sans savoir pourquoi. Chaque foulée lui faisait atrocement mal. Il ne savait pas pourquoi il courait, ses parents ne pouvaient le voir. Pourtant il courait encore  s’empêchant de hurler à chaque foulée. Il ne pouvait plus courir, il n'en pouvait plus, sa jambe lui faisait trop mal. Pourtant il courait encore. Ses jambes s'élançaient l'une devant l'autre sans qu'Arthur ne le veuille. Une de ses jambes s'immobilisa et il roula dans la boue. Il s'arrêta face contre sol, trempé et couvert de boue.

     

       Il releva difficilement la tête et fixa la forêt essayant de savoir ce que cachait ses ombres morbides. Sa raison lui disait de fuir, de retourner chez lui dans la quiétude oisive de son foyer. Mais quelque chose au fond de lui disait de s'engouffrer dans le sentier qui n'était que boue. Cette sensation au fond de lui effaçait tout le reste et brisait sa raison. Pour Cara il avait suivi une de ses aspirations qui brûlait au fond de lui, alors pourquoi là il ne suivrait pas ce sentiment qui tiraillait son être ? Tant bien que mal il se remit debout et s'aventura dans la forêt.

     

       Il marchait. Un pas après l'autre. Encore un, puis un autre. Le même rythme encore et encore pendant qu'il était perdu dans ses pensées. C'était hier que ses parents lui avait interdit de voir Cara. Il fuyait ses parents, mais n'était-ce pas seulement une idée stupide et éphémère ? Et en partant ainsi, il perdait Cara aussi, non ? Pourquoi faisait-il ça ? Si seulement il le savait... Peut-être devait-il faire marche arrière ? Renoncer et se coucher dans son lit comme si rien ne s'était passé ? Il fit demi-tour et tenta d’apercevoir les lumières de Portsmouth à travers l'orée du bois mais il ne vit rien.

     

       Il devait rentrer. Il trouverait un arrangement pour Cara, il le devait. Il commença à marcher vers sa ville natale, Portsmouth. Il refit exactement le même chemin qu'il y a quelques minutes, mais la ville n'était pas là, il y avait seulement la forêt.  Il s'évertua à avancer pour sortir de la forêt mais rien ni fit. Il était perdu, seul dans un endroit qu'il ne connaissait pas, dans la nuit... Seul... Sans défense...  La peur s'empara de lui, chaque ombre de la forêt semblait prendre forme humaine. Il cria. Il était terrorisé, il n'arrivait plus à bouger, les ombres étaient partout. Puis il y eut un éclair, la foudre, le feu, un craquement et plus rien.

     

    *

     

    • Cara ?

    • Oui, répondit-elle avec un sourire.

    • Tu me promets qu'on restera ensemble à jamais ?

    • Pas besoin de le promettre. C'est une évidence. Je t'aimerai toujours.

    • Moi aussi Cara, jusqu'à ma mort et au-delà.

     

    *

     

       Le ciel était bleu, sans nuage. Il n'y avait aucune trace de la tempête. Arthur, tenta de se relever mais quelque chose retenait son bras. Un arbuste était en train de pousser, les racines s'étaient enfoncées dans sa chair. Il retira vivement son bras s'arrachant une bonne partie de sa peau au passage. La douleur était insupportable, sa chair était à vif, son bras était en sang. Il hurlait de douleur, il tenta de se calmer en tenant fermement son bras. Sa vision se troubla quelques instants. Il ferma les yeux, respira lentement. Qu'est-ce qui se passait, diable ?

     

       Après un moment, il rouvrit les yeux. Son bras saignait toujours, mais il sentait moins la douleur. Il arracha un bout de son tee-shirt et se fit un garrot. Il n'était pas vraiment correct mais cela ferait l'affaire. Il se remit debout, il remarqua que de la mousse s'était installée sur de nombreuses parties de son corps, il l’enleva d'un geste anxieux. Les ombres n'étaient plus là, le feu non plus. La terre était sèche. Pourquoi ? Qu'est-ce qui n'allait pas ? Tout visiblement. Il devait rentrer à Portsmouth, s’il trouvait son chemin... Il ne reconnaissait plus la forêt. Un lieu n'est jamais le même de nuit ou de jour.

     

       Il ne savait absolument pas où était Portsmouth. Quel chemin avait-il pris pour venir ? Il n'en savait rien. La même sensation qui lui avait dit de s'aventurer dans la forêt lui indiqua un chemin à suivre. Un chemin étroit recouvert par les fougères et presque indiscernable. Il commença à marcher, le pas hésitant et le corps souffrant. Il n'aurait jamais dû partir. Surtout pas cette nuit-là. Quelle heure était-il ? Peut-être tôt dans la journée, peut-être pouvait-il rentrer avant que ses parents ne soient réveillés. Tant de « peut-être »... Non ils s'étaient sûrement levés tôt pour évaluer les dégâts de la tempête. Sa seule chance était de s'expliquer avec eux.

     

       Alors il marcha. Il marcha jusqu'au crépuscule, seulement quand la nuit allait envelopper les champs il sortit de la forêt. Il était visiblement arrivé d'un côté de Porstmouth qu'il connaissait très peu. Peu importe il s'aventura dans la ville. Évitant de suivre son envie de courir. Il marchait, longeant les murs, ayant peur qu'on le voit. Ceux qui le voyaient, le dévisageaient avec mépris. Ses habits étaient couverts de terre et de sang. Pourtant les gens se contentaient de le regarder passer, ne posant aucune question pour savoir ce qu'il avait. Arthur préférait cette attitude, qu'est-ce qu'il aurait pu expliquer ? Qu'il s'était enfui et qu'il était parti dans la forêt. ? Et là il avait cru voir des ombres se mouvoir et qu'il était tombé inconscient ? Et qu'après la végétation avait recouvert son corps ? Non. Il ne savait même pas ce qui était arrivé, il se contentait de vivre le moment présent sans le comprendre.

     

    *

     

     

       La nuit étais là depuis longtemps quand il arriva devant chez lui. La maison semblait avoir beaucoup souffert pendant la tempête. Une pancarte « A VENDRE » était accrochée à la grille du portail. Devant il y avait des fleurs fanées et des reste de bougies. Ses parents avaient l'air d'être parti. Mais où ? Il pouvait attendre ici, peut-être qu'ils reviendraient demain. Il faisait trop froid pour qu'il puisse dormir dehors. Arthur passa par-dessus la grille et entra dans la maison. Il appuya sur l'interrupteur, rien, un faible grésillement, rien d'autre. L'électricité avait été coupée. Il ne voyait que grâce aux lumières des lampadaires dehors. Les meubles étaient couverts d'un drap blanc. Pourtant rien n'avait bougé, un linceul blanc était juste venu couvrir les chaises, la table, les armoires... Tout.

     

       Seul le piano n'était pas couvert. Une partition était posée sur le pupitre, la même que quand il était parti : The Young Prince and the Young Princess de Nicolai Rimsky-Korsakov. Le morceau était relativement facile. Arthur s’assit et commença à le jouer, il avait l'impression de réveiller la maison, que les murs écoutaient. Il continua à jouer, il recommença, une fois, puis deux fois... Il ne s'arrêta plus. Il continua pendant plus d'une heure, ne se lassant pas de la mélodie. Jouer lui apportait une certaine paix. Ses doutes disparaissaient. Ses angoisses aussi. Il n'y avait plus que la partition en face de lui et le piano. Ses doigts semblaient flotter de touche en touche, il connaissait par cœur la musique. Il jouait en fermant ses yeux sans savoir pourquoi. Puis il s'assoupit.

     

    *

     

       Son réveil fut des plus brutal. Des mains l'agrippèrent et le jetèrent au sol. Un homme dans la force de l'âge se tenait en face de lui, une lueur haineuse dans les yeux. Il aboya une phrase peu compréhensible. Arthur cru comprendre qu'il lui disait qu'il n'avait pas le droit d'être ici. Arthur allait l'insulter copieusement quand il vit le fusil 22 long rifle pointé vers lui. Il bredouilla alors des mots d'excuses. L'homme l'empoigna fermement :

    • Qu'est-ce que tu dis sale môme ?!

    • Je suis désolé monsieur...

       Un sourire satisfait apparu sur les lèvres de l'homme. Arthur profita de ce moment d'inattention il frappa l'homme au thorax et s’enfuit à toutes jambes. Il entendit l'homme grommeler un chapelet de juron puis enlever la sécurité de son arme. Tandis qu'Arthur sauta à travers la fenêtre, une balle fusa, elle vint se planter dans l'encadrement de la fenêtre. Visiblement l'homme ne savait pas se servir de son arme. L'homme s'élança derrière Arthur. Si Arthur ne se trompait pas d'arme il lui restait encore huit balles. Il passa au-dessus de la grille et courut le plus vite possible en espérant distancer l'homme. Un autre coup fusa, il le rata encore. Mais Arthur savait que la chance pouvait tourner.

     

       Arthur s'engouffra dans une ruelle étroite. Trop étroite pour que l'homme le suive, mais assez étroite pour qu'il ne rate pas sa cible. L'homme enclencha une nouvelle fois la gâchette, la balle se planta dans la cuisse d'Arthur. Il hurla de douleur en même que l'homme, celui-ci avait mal mis sa carabine, il avait peut-être perdu une côte sous le recul. Mais il était toujours debout et entreprit de faire le tour du bâtiment pour rattraper Arthur. Ce dernier peinait à franchir la distance qui le séparait de la sortie de la ruelle. Il réussit avant que l'homme ne le rattrape. Il devait trouver un endroit où se cacher. Le cimetière était juste en face de lui. Il passa au-dessus du mur du cimetière et tomba violemment au sol.

     

       L'homme l'avait vu et s'engouffra lui aussi dans le cimetière. Il visait Arthur, ayant changé la crosse d’épaule. Arthur était au sol, sanguinolent, il tenta de fuir, vainement. Il heurta une tombe et tomba à nouveau au sol. L'homme dévisagea derrière Arthur et une larme coula sur sa joue. Il laissa son 22 long rifle tomber au sol, il fit le signe de croix et s'en alla la tête baissée. Arthur demeura désormais seul dans le cimetière, blessé mais sans aucune blessure mortelle. Il se retourna pour voir la cause du trouble de l'homme. Il vit une tombe de marbre ornée de cette épitaphe :

     

    Cara Lauwrence (1972-2001)

    et

    Arthur Lauwrence (1971-2001)

     

    Ici dorment deux êtres éternels

    Liés par les serments solennels

    Disparus plus vite que l'écume

    S'aimant dans leur amour posthume

     

    Note: J'ai écris cette nouvelle pour le concours Guy de Maupassant de L'AMOPA. Je suis d'ailleurs arrivé deuxième, j'attendais d'avoir les résultats pour publier la nouvelle. Ce que je voulais c'est donner l'impression d'une force supérieure, que le protagoniste ne contrôle pas vraiment ses actions. Mais aussi de ne pas donner toutes les clés pour comprendre l'histoire. N'hésitez pas à dire en commentaire ce que vous avez compris, et vos hypothèses pour expliquer l'histoire.


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    Et je rejoins la course du vent

    À grands coups de  kérosène dans l'Éther

    Mes joies, mes peines quittent la terre

    Elles se lient à l'azur éclatant

     

     Les hauteurs forment un second océan

    La terre lointaine et floue comme l'eau

    La blancheur des nuages tels des ilôts

    Mais le ciel est le même, aussi arrogant

     

     Le marbre des nuages se fait uniforme

    Les arbres, les champs se font inconnus

    Peut-être est-ce la mer que je ne vois plus

    Le monde semble avoir perdu ses formes

     

     Les repères terrestres se sont effacés

    Mais aucun ange ne peuple le ciel

    Seulement un silence et un froid cruels

    Qui laissent s'envoler les rêves égarés

     

    Note: J'ai commencé ce poème lorsque j'étais en avion mais je l'ai finis quand j'étais à terre. Ce que je voulais ce n'était pas seulement décrire le paysage tel quel mais le décrire à travers mes yeux avec ce qu'il m'inspire et mes propres métaphores. 


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    Avançons droit vers l'horizon

    Cherchons, trouvons, perdons, aimons

    Vivons le jour, vivons la nuit

    Sans plus jamais de sauf-conduit

     

          Mes amis soyons enfin libre

    Vivons ouvriers ou félibres

    Vivons, mourons fous et ivres

    Qu'importe ce que nous disent les livres

     

    Mes amis vivons notre vie

    N'ayons plus peur des infamies

    Marchons jusqu'au bout de la Terre

    Perdons-nous dans l'éphèmere

     

    Allons voir le Tiers-Monde

    Voir si la Terre est ronde

    Nous avons eu la chance de naître

    Alors contentons-nous d'être

     

    Note: Vous avez peut-être remarqué que je ne fais pas de poème en respectant les règles des syllabes (ou métrique). C'est le seul poème que j'ai écris en respectant ces mêmes règles, c'est un huitain. Quand au texte je voulais faire quelque chose d'un peu "paillard" si je puis dire ainsi. Exprimant une certaine liberté mais aussi insouciance. Les deux derniers vers reflètent une idée qui revient souvent dans mes poèmes comme dans Pollution lumineuse.


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     Si vous n'avez pas lu le début de cette fiction (l'Héritier des Dieux), ne lisez pas cet article. Le début de la fiction est ici.

       Il vit Delia, sa femme. Elle avait été tout, elle était sa lumière pendant les heures sombres. Et aujourd'hui il l'a quitté peut-être pour toujours. La nostalgie vient d’abord, ces moments heureux, tous ces moments… Ces moments qui éclipsaient tous les autres par la puissance du bonheur qui les faisaient vibrer. Maintenant tout cela était fini. Il admirait son amour pour la dernière fois... Il sentit sa gorge se nouer. Ses cheveux de jais ondulaient quand elle se déplaçait, avant de retomber avec désinvolture sur ses épaules. D'un geste de main nerveux elle écarta les mèches qui réduisaient sa vision. Là elle le vit. Elle resta sans bouger. Nanor fit de même. Sans avoir besoin de se parler ils comprenaient leurs détresses respectives. Finalement Delia plongea ses yeux noirs mais pourtant si purs dans les siens.

    - Je n'ai pas besoin de te demander de rester ?

       Nanor s'approcha d'elle. Delia, elle, était immobile et fière.

    - Tu le sais. Si seulement le dire était simple.
    - Tu n'as besoin de dire qu'une chose.
    - Je t'aime. Et je t'aimerai.

       Elle passa ses doigts tendrement sur la joue de son amant. Celui-ci regarda sa main comme s’il la découvrait pour la première fois.

    - Moi aussi, tu le sais...

                Ils se regardèrent un moment sans parler. Ils n'avaient pas besoin des mots pour s'aimer, juste de leurs pensées. En sept ans de route commune, ils se connaissaient par cœur. Ils n'avaient pas eu besoin de sept ans pour se connaître, de bien moins... Mais Nanor voulait bien plus que sept ans, il voulait bien plus pour l'aimer... Une vie ne serait pas assez, il lui en faudrait plusieurs s’il voulait dire tout ce qu'il avait sur le cœur. Si seulement il le pouvait... Dans cet instant il souhaitait seulement penser à elle, seulement l'admirer. Mais il aurait aimé ne pas voir l'air triste avec lequel elle le regardait. Soudain Delia prit un air farouche et sûre d'elle.

    - Je sais me battre.
    - Je suis bien placé pour le savoir.

       Nanor esquissa un sourire.

    - Alors pourquoi tu ne veux pas que je parte avec toi ?
    - Mais si... Si je meurs.
    - Je t'interdis de dire ça ! Tu dois revenir pour notre fils. Pour moi...

       Il la prit dans ses bras. Il se colla à elle et dit d'une voix brisée.

    - Tu sais que si je pourrais, je le ferai.
    - Mais pourquoi ?
    - Pardonne-moi.
    - Tu n'as pas besoin de le demander. Je ne t'en ai jamais voulu.

       Delia se détacha lentement de Nanor et le regarda dans les yeux.

    - Embrasse-moi s'il te plaît. Une dernière fois.

       Nanor posa ses lèvres sur les siennes doucement. Puis il caressa ses cheveux noirs amoureusement.

    - Où est notre fils ?
    - Il dort.

       Il regarda l'embrasure de la porte et y vit son fils sous ses draps blancs, dormant insouciamment.

    - Bien, c'est mieux ainsi. Si jamais je ne reviens pas, ne lui dis pas qui je suis. Mais pour autant s’il veut suivre mon chemin laisse-le faire, d'accord ?
    - Oui... Oui mon amour.

       Il aimerait tant pouvoir pleurer et se réfugier dans ses bras mais il ne pouvait pas.

    - Je ne peux pas me permettre de pleurer...
    - Je le sais... Je te connais, tu le ferais sinon, je le vois.
    - Promets-moi une chose. Promets-moi que tu seras heureuse.
    - Je n'ai pas besoin de te le promettre, tu reviendras.

       Nanor ne l'avait connu comme cela qu’en de rares occasions. Elle essayait de se persuader, car tout le reste de son être lui disait qu'il ne reviendra pas. Lui n'était pas dans un meilleur état, sa voix était brisée, sa gorge nouée. Et son cœur se mourrait...

    - Il faut que j'y aille.
    - Vas-y, rends fier ton fils.

       Elle prononça ces derniers mots avec une profonde tristesse. Ses yeux ne pleuraient pas, mais au fond d’elle elle pleurait. Il aurait tant voulu rester. Mais la bataille était si imminente que Nanor pouvait presque sentir le tumulte des lames. Il était tellement désolé et il n'avait même pas le temps de lui dire à quel point. Il ne pourra jamais lui dire tout ce qu'il aurait voulu, il ne pourra jamais...

    - Quitte Dem'Breck dès que je serai parti. Par pitié ne reste pas ici. Désolé, si seulement tu savais à quel point je le suis...
    - C'est déjà assez compliqué comme ça.

     

    Les mots claquèrent dans l’air. Cinglants. Mais il comprit à son regard qu’elle essayait juste de ne pas souffrir plus. Comme son père… Alors il se retourna et partit vers les portes de la cité. Au bout d’à peine quelques pas il l'entendit tomber à genoux et éclater en larme. Il ne se retourna pas, il continua d'avancer. Il ne devait pas se retourner. Il ne devait pas craquer. Un simple coup d’œil en arrière… Non. S’il voyait la vallée de larmes qui coulait de ses yeux il ne pourra que fléchir. Tomber à genoux. Pleurer avec elle. Partir avec elle.

       Sans qu'il puisse la retenir, une larme coula sur sa joue et tomba sur la terre. D’un revers de la main il s'empressa d'en effacer les traces. Il tenta aussi de faire abstraction de ses sentiments et de penser à ce qui était devant lui, la bataille, les responsabilités d’un chef à la guerre. Il tenta mais les sentiments balayèrent la logique d’un seul mouvement nonchalant. Lui dire son amour le rendait aussi songeur que la première fois. Il ne pourrait l'oublier. S'il survivait ses simples mots resteraient en lui pendant plusieurs décennies. Jusqu'à ce que sa mémoire ne puisse plus porter les souvenirs trop lourds et trop nombreux. Le dernier rempart de raison céda. Il voulait juste voir son visage une dernière fois. Elle n’était plus là. Il n'y avait plus que la trace de ses genoux sur le sol et une terre légèrement humide. Sans qu’il ne puisse le décider il tomba à genoux. Mais les larmes ne venaient pas. Ils les avaient retenus tant de temps et là ils lui faisaient défauts. Il aurait aimé pleuré, pleuré de larmes sincères, et en laissant couler les larmes exorciser sa peine. Mais ses yeux restaient désespérément secs. Il aurait seulement voulu lui dire : Je t'aime.

    *

       Il ferma la main, sa peau rencontra sa lame imbibée de sang. Ses pensées étaient confuses. Tout se mélangeait, rien ne lui venait de clair. A part peut-être ce qu'il s'était passé avant qu'il ne parte combattre. Sa femme, son père, son fils...

       Il était allongé parmi les dépouilles de ses ennemis. Il sentait leurs corps encore chauds sous lui. Il en avait tué plus qu'il ne l'imaginait. C'était un charnier. Tous ces corps jonchaient le sol. Cette monotonie était rompue parfois par la carcasse d'un Drak. Ces hommes-dragons, immondes. Tous lui revenaient, trop de souvenirs, trop de pensées... Un lui parut plus clair que les autres : le moment où ils avaient négocié. Bien sûr, c'était seulement une formule de politesse avant la barbarie d'une bataille.

    - Je resterai sur mon avis. Je n'abdiquerai pas. Mes idéaux sont fixés.
    -Vous savez que refuser d'abandonner causera votre perte ? Ne répondez pas. Vous savez. Donc réfléchissez une dernière fois.
    - Mes idées sont inflexibles. Vous savez qu'il en est de même pour vous.
    - Vous avez raison.

       Son interlocuteur portait une armure de plaques noires, reliées par des clous larges et visibles.  Malgré son visage jeune, sa voix témoignait de son âge avancé. Il abattit sa visière sur son visage pâle. Et se retourna. A ce moment, deux projectiles arrivèrent fouetter les murs de Dem'Breck. Ils brisèrent quelques pans de rempart, mais ils grattèrent juste une façade comparer aux mètres de pierres qu’il restait derrière ces deux balafres. Nanor avait parlé depuis une sorte de grand-balcon au-dessus de la porte de Dem’Breck. Les projectiles l'avaient évité volontairement, s’ils avaient voulu ils auraient pu l’abattre à l’instant. C’était impressionnant et c’était fait pour être pour être impression, une façon pour eux d’affirmer leur puissance. Pourtant Nanor ne tressailli même pas. La négociation avait duré si peu. Il savait que cet ennemi le voulait dans leurs rangs. Alors pourquoi ne pas avoir insisté plus ? Peut-être l'avait-il pris pour un rustre buté. Peut-être en était-il un en fin de compte. Si c’était le cas autant l’être jusqu’au bout :

    - Si seulement vous saviez la souffrance que vous causez. 

                L'homme au visage pâle se retourna :

    - Parce que selon vous, nous nous combattons pour infliger la douleur ? Ou encore pour avoir le pouvoir ?
    - Sinon pour quelle raison ?
    - Le dire serait trahir un secret. 

       Ces paroles le laissaient encore songeur. Était-il fou ou ignorant à ce point ? S’il doutait maintenant, comment pourrait-il se battre ? Il n'eut pas ce problème très longtemps. La fureur de la bataille effaça toute réflexion. Il se battait et c'était tout. Peu importe celui qu'il était ou celui en face de lui. Mais est-ce que ça faisait de lui un barbare ? Qu’importe très vite des marées humaines envahirent l’enceinte de Dem’Breck. Ils étaient beaucoup trop nombreux. Les Résistants s'éparpillèrent. Ils étaient décimés. Il avait espéré qu'ils donnent au moins un peu plus de fil à retordre. Il se détestait à le dire, mais il était vexé. Ils s'étaient battu et cela n'avait pas suffi. Désormais il était allongé au milieu de ses ennemis, le sang de ses blessures se mélangeait à celui de ses adversaires. Une estafilade lui barra la joue, une autre à sa cuisse saignait à chaque qu'il essayait de bouger sa jambe, son annulaire était tordu dans un angle anormal, son bras droit était immobile et semblait ne plus vouloir bouger.  Mais il pouvait toujours se battre et le devait.

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