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    La bruit de la ville comme le chant du vent

    Les pavés désertés sous des lueurs d'antan

    Les rues dans une aura d'ocre et de grès blafard

    À peine l'éclat des cafés et des bars

    J'ai jamais aimé les sourires de façades

    Les attentions surfaites et les rires un peu fades

    Je veux des mots honnêtes et que l'on s'ouvre l'âme

    Nous deux, en tête à tête sur le macadam

    La vérité telle qu'elle est, nos cœurs comme ils sont

    Voir poème : Pensées vagabondes


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    Cœur serré et sourire sincère

    Les yeux lourds mais l'âme légère

    Laisse-moi rester encore un peu

    Te dire aurevoir sans dire adieu

    Laisser s'effeuiller les souvenirs

    Et faner les amours sans soupir

    Pluie diluvienne et ciel immaculé

    Parapluie d'ébène et peau cuivrée

    Alors mon cœur danse à contre-temps

    Comme les flots à contre-courant

    Ma conscience est lâche et lâche prise

    Mes sentiments s'attachent et s'enlisent

    Laisse-moi rester encore un peu

    Je ne veux pas qu'on se dise adieu

    J'ai l'âme paisible à tes côtés

    Et mon cœur persiste à tes chevets


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    Uranus,

    Ton blizzard creuse ma peau en sillon de chair

    En crevasses déchirant mes nerfs, mes artères

    Ma conscience voudrait fuir, pouvoir oublier

    Mais mes os veulent désespérément rester

    Dans ce vent, m'enlevant tout sauf mes souvenirs

    Ce vent qui n'emporte pas son foutu sourire

    Pourquoi ma volonté devient-elle si blême ?

    Pourquoi plus je la vois sourire, plus je l'aime

    Et plus je l'aime, plus je veux la voir sourire ?

    Je ne voulais plus aimer pour ne plus souffrir

    Mais déjà mon cœur lâche prise et se défile

    Déjà mon âme s'aventure sur le fil

    Sur une crête entre deux ravins de douleur

    Un chemin entre les hémisphères de mon cœur

    Mais tant de ponts de neiges sur des gouffres traîtres

    Ce sentier m'apprendra à mourir ou à naître

    Les filets de sang qui s'écoulent de mes plaies

    Gèlent à la lisière de ma peau violacée

    Les larmes sur mes paupières encore ouvertes

    Cristallisent à l'orée de  mon sourire inerte

    Comme des éclats de verre contre mes joues

    Comme des lames de rasoir contre mon cou

    Mon corps est un cimetière couvert de sang

    La où tu aurais pu graver tes sentiments

    L'épiderme est une gangrène décadente

    Où tu aurais pu poser tes lèvres brûlantes

    Tu sais, il y a vingt-sept lunes dans ce ciel

    Et j'ai tant souffert pour une lueur si frêle

    Mais je ne crois pas que l'Amour soit quantifiable

    Je désire seulement qu'il soit périssable


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    Bleue,

    C'est un brun baiser entre le ciel et la terre

    L'union fébrile du cosmos et de la mer

    Les étoiles filantes enlacées à l'écume

    Et le bleu de mes larmes quand je l'inhume

    L'azur des cieux étreignant les diamants d'Hadès

    Le paradis et l'enfer dans une promesse

    Comme le serment des gentianes pour toujours

    À nos beaux jours, à nos tristes jours, à l'Amour

    L'Amour fleur bleue à l'eau des roses bleutés

    À l'eau de ces roses et à l'encre de l'été

    Bleue a signée sur un papier blanc comme neige

    Elle a promis de lier en un seul arpège

    Les mers, les cieux, nos veines comme une harmonique

    Même bleu de la Vieille Europe aux Amériques

    Même bleu de ce bas-monde à l'Éther diurne

    Même bleu du sang noble qui salit nos urnes

    Bleu horizon dans la boue, le sang de Verdun

    Bleu pétrole des montagnes dans le lointain

    Bleu pastel comme l'écho au fond de ses yeux

    L'azur des cieux, les diamants d'Hadès, ses yeux bleus

     

    Voir poème : Blanc


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    Blanc,

    Blanc pâle, blanc vide, blanc terne, blanc souillé

    Blanc tâché de mélancolie immaculée

    Comme la neige recouvrant mes souvenirs

    Sur laquelle j'ai épuisé tant de sourires


    Blanc maladif des visages désenchantés

    Des cicatrices gravées sur les corps lassés

    De ceux qui ont connu la couleur de ces murs

    Qui l'ont vu devenir une douleur des plus pures


    Blanc tamisé entre les branches à contre-nuit

    La lune est magnifique quand elle sourit

    Cristalline sur ses lèvres à l'éclat de sel

    Pâle sur son visage aux couleurs du ciel


    Blanc sans nuance sur du papier sans ténèbres

    Attendant son poète sur les bords de l'Èbre

    Celui qui parsème les mots de la bohème

    Car un blanc qui ne sème rien est un blanc blême

     

    Notes : J’ai écrit ce poème dans le cadre de l’œuvre Chroma de Derek Jarman (je vous laisse par ailleurs vous renseignez sur ce livre si vous le voulez, il est très intéressant, je le conseille). Il fallait par la suite écrire un poème sur une couleur parmi le noir, le rouge, le jaune et le bleu et écrire obligatoirement un poème sur le blanc, que vous avez donc sur les yeux. J’ai réalisé ce poème en groupe et j’ai choisi comme seconde couleur le bleu (Bleue), que j’ai réalisé seul.


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