• Si on appelle ça jeunesse

     

    La vodka dans le sang et le sang au sol au milieu des tessons de verres
    Si on appelle ça jeunesse, si nous n'avons que la nuit pour messe
    Crois-moi je n'ai que le blanc de tes hanches où je me confesse
    Et quand on se laisse il me reste encore le fond de mon verre
    Et de temps en temps le corps des autres femmes pour escale
    Puisqu'on aime tant s'arrêter au port puisque c'est le temps des bals

    Si on appelle ça jeunesse, si on jette nos fidélités au feu
    Si on se ment à s'en oublier, à ne plus sentir les salières à nos yeux
    S'ils disent qu'il n'y a rien de mieux que nous deux ensemble
    Et que l'on vient à se briser dans ce qui nous assemble
    Si nous deux on ne se lit que sur le bord d'un lit ou d'un canapé
    Si les draps défaits sont la seule preuve qu'on s'est aimé

    Si on appelle ça jeunesse, la bouche en canard, l'air débile
    Perdu sur nos téléphones à s'avaler des ondes, à se rendre stérile
    Nos petites histoires de couple étalés en pleurs sur les réseaux
    En petit post, reposté, partagé, tweeté si tu me follow
    Si on appelle ça jeunesse, nos corps aimés par le monde entier
    Et nos nus bloqués dans des banques de données pour l'éternité

    Si on appelle ça jeunesse, laisse-moi tenter le bout du monde
    Laisse-moi un coin de terre pour que les peines se morfondent
    Laisse-moi la Sibérie, le Sahara ou les neiges du Tibet
    Pour y entendre chanter le concerto de l’oiseau liberté
    Pour y écrire des poésies qui ne seraient pas seulement poings levés
    Mais aussi les vers d’un homme qui a su trouver comment rêver


  • Commentaires

    1
    Dimanche 6 Janvier à 22:11
    "Des poésies qui ne seraient pas seulement poings levés"...
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